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OGM et sécurité alimentaire en Afrique
10 février 2012

RUEE SUR LES TERRES AFRICAINES: Non assistances aux personnes en danger

 

CONFISCATION OU EPISODE bis  DE LA RECONQUETE DES RICHESSES DE L’AFRIQUE:
Razzia ou mains basses sur les terres africaines fertiles et arables

Par
Muzigwa K. J.Gr.
International Research Center,
Study and Short Training Area
Belgium antenna
Rue V. Carpentier,4
B-4020 LIEGE

RESUME
              Depuis deux ans, le Centre CEBADAC tire une sonnette d'alarme au vu d'une nouvelle pratique tendant à tirer profit des terres africaines fertiles et arables, au détriment de la population locale. Par cet article, nous interpellons l'OMC, la FAO, l'OUA , l'ONU, la Banque mondiale, le FMI et d'autres institutions internationales face ces pratiques qui prennent de plus en plus de l’importance sans que les élus (sénateurs, parlementaires et autres leaders politiques) ne la dénoncent ou ne s’en inquiètent.  

ETAT DE LA QUESTION

Le correspondant du journal international, "Le Monde" (cf. article mis à jour  15/06/2009, 18H04' à Bruxelles ), M. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation vient de nous donner raison, en demandant que cette question soit mis à l'AGENDA de la prochaine Conférence  de G8. En effet, monsieur Olivier de Schutter, parlant de "LAND GRABBING" dénonce qu'il y aurait à ce jour: 15 à 20 millions d'hectares achetés par les pays riches dans des pays pauvres. La Chine aurait  acheté 2,8 millions d'hectares dans la RDCongo pour y exploiter la plus grande exploitation mondiale d'huile de palme dont la Chine a besoin. On estime qu'en 2030, cette privation (arrachement) des terres aux africains atteindra le chiffre de 120 millions d'hectares

QUE PROPOSE LE CENTRE CEBADAC DEPUIS BIENTÖT DEUX ANS  ET A CE JOUR?
Nous dénonçons les manières et le silence qui entoure cette pratique.  Nous proposons qu'une réglementation de cette forme d'exploitation et de commerce soit coulée dans une Convention internationale afin que la famine qui sévit dans des régions exploitées soit prise en compte.

NOS SUGGESTIONS

Primo, que toute exploitation d'une surface pour le tiers, ces derniers s'engagent par exemple à faire produire pour la région (et/ou l'état d'accueil), une étendue équivalente en faveur des populations locales;

Secundo, qu'une taxe payée sur les exportations produites dans les régions soient investie dans l'agro-industrie et élevage pour combattre la malnutrition ambiante dans la localité;

Tertio, que les statistiques et les intrants agricoles utilisés dans cette nouvelle aventure soient rendus publiques;
Quarto, que toute pratique des cultures des OGM ne soit pas encore autorisée avant que les pays développés n'aient fait preuve, eux-mêmes, de la maitrise de vulgarisation des cultures OGM;

Quinto, les durées d'exploitation et autres clauses des contrats qui lient ces nouveaux exploitants du continent africain aux états et/ou Entreprises concernés, soient rendus publics.

Le monde retiendra que la non assistance aux personnes en danger qui entoure cette nouvelle aventure humaine devrait mobiliser tous ces humanistes qui se disent choqués par la manière dont l'Afrique a été exploitée et qui réclament réparation. Ne sommes-nous pas aujourd'hui témoins d'une nouvelle forme d'exploitation éhontée de ce continent ?

LA FAO, L'OMC ET L'ORGANISATION DE L'UNITE AFRICAINE SONT LES ORGANISMES DE L'ONU LES PLUS INTERPELLES PAR CE PROBLEME.

Nous demandons à toute ONG, ASBL et tout homme responsable de nous rejoindre dans ces revendications légitimes en faveur de ces enfants africains, maigres, affamés et malades.
Voici ce qu’écrit un des spécialistes de la question monsieur Mark Rice-Oxley en octobre 2009 sur son blog dont voici le lien : (http://lerouetacoeurouvert.blogspot.com): La razzia des pays riches sur les terres arables
 L’Afrique de l’Est, dans la ligne de mire de l’Inde et des pays arabes.
         En Afrique et en Asie, plus de 30 millions d’hectares sont désormais contrôlés et cultivés par des intérêts étrangers. Une catastrophe pour les paysans locaux.

           Entrés dans une ère d’insécurité, les pays riches et leurs entreprises jouent actuellement des coudes pour acheter et louer des terres dans les régions fertiles des pays en développement et tout particulièrement en Afrique. Selon Olivier de Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, quelques 30 millions d’hectares de terres (soit l’équivalent de la superficie des Philippines) ont ainsi fait l’objet de négociations intensives au cours des trois dernières années.


            La Chine, la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite apparaissent comme les fers de lance de ce mouvement, convoitant des terres notamment en République démocratique du Congo, au Soudan et en Tanzanie, mais aussi dans des pays asiatiques comme le Cambodge et les Philippines. “Le mouvement s’accélère rapidement car tous les pays semblent réaliser subitement qu’à l’avenir les marchés internationaux seront moins fiables et moins stables. Ils cherchent donc à se prémunir soit en achetant des terres à l’étranger, soit en encourageant leurs investisseurs à le faire”, explique Olivier de Schutter. Jacques Diouf, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), voit dans ce phénomène un “pacte néocolonial”, et Duncan Green, porte-parole de l’ONG Oxfam, “une version privatisée de la course à l’Afrique”.


              Pour les pays riches dont l’agriculture est peu développée, l’idée est tout simplement de sous-traiter la production et de la rapatrier chez eux. Le phénomène concerne surtout le riz, le maïs, le soja, la canne à sucre et les lentilles.L’ampleur de certains accords a de quoi faire s’étrangler même les plus ardents colonialistes. Selon les données recueillies par l’International Food Policy Research Institute, une organisation américaine, l’Arabie Saoudite a déjà conclu toute une série de contrats. Et, en avril dernier, elle a approché la Tanzanie dans l’espoir de lui louer 500 000 hectares pour y cultiver du riz et du blé. Quant à la république du Congo, elle a proposé 10 millions d’hectares de terres agricoles aux agriculteurs sud-africains. Des sociétés agricoles indiennes, soutenues par leur gouvernement, prospectent dans une demi-douzaine de pays d’Afrique ; des sociétés d’investissement britanniques et américaines opèrent des tractations en Angola, au Mali, au Malawi, au Nigeria et au Soudan ; des entreprises chinoises négocient en république démocratique du Congo, en Tanzanie et en Zambie, tandis que la Corée du Sud a accaparé 690 000 hectares au Soudan. Ce pays est d’ailleurs une cible de choix : l’Egypte, la Jordanie, le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Qatar y sont tous en pourparlers.
Il faut impérativement protéger les droits des petits paysans.

             Au Kenya, un investissement qatarien est très décrié par les militants des droits fonciers. Mais c’est de Madagascar que sont venus les premiers avertissements, qui indiquent que ces accords ne sont probablement pas bénéfiques pour tout le monde. Le projet du conglomérat sud-coréen Daewoo de cultiver du maïs sur 1,3 million d’hectares a rencontré une hostilité si grande qu’il a contribué au renversement du président Ravalomanana [en mars dernier]. Son successeur, Andry Rajoelina, s’est empressé de dénoncer l’accord.

            Théoriquement, ces arrangements pourraient être gagnant-gagnant. Après tout, le nouveau propriétaire pourrait apporter capitaux et savoir-faire au pays en développement ; des emplois pourraient être créés dans des régions laissées pour compte ; les paysans pourraient avoir accès aux technologies modernes et améliorer leurs rendements. Mais les experts soulignent que ces contrats sont souvent opaques, rarement rendus publics et guère avantageux pour le pays vendeur. “Les rares accords que nous avons pu consulter sont préoccupants : longs de trois ou quatre pages au maximum, ils comportent très peu de précisions sur les obligations des investisseurs étrangers, déplore Olivier de Schutter. Les investissements dans les infrastructures, la gestion durable des ressources naturelles, toutes ces questions sont laissées au bon vouloir de l’investisseur. C’est très inquiétant.”


              Cette foire d’empoigne représente une grave menace pour des régions du monde en difficulté chronique. Les paysans locaux risquent d’être expulsés si leur gouvernement se laisse tenter par l’argent facile procuré par la vente ou la location de terres. Priver les habitants de leur accès à des terres fertiles pourrait aggraver encore le problème de la faim. Et la compétition s’intensifiera autour de la plus rare des ressources: l’eau.

             Olivier de Schutter propose un ensemble de principes et de mesures qui, s’il était respecté, pourrait rendre plus acceptable ce que l’on appelle parfois “l’accaparement des terres” ou “l’agriculture délocalisée”. Il faudrait notamment respecter les droits des agriculteurs à l’alimentation et au développement durable. Les accords devraient être négociés au niveau local et pas seulement national. Les contrats d’investissement devraient privilégier les besoins en développement des habitants, et une partie des récoltes devrait être vendue sur place.

           Cependant, estiment certains, ces garde-fous ne suffiront pas : la boîte de Pandore est ouverte. Pour Lester Brown, le président de l’Earth Policy Institute, même si l’investisseur débarque armé d’impressionnantes technologies dernier cri, cela n’apportera pas grand-chose au petit paysan. “Il s’agira pour l’essentiel de technologies destinées à l’exploitation agricole commerciale à grande échelle, très peu adaptées aux petites parcelles familiales qui existent dans la plupart des pays concernés, souligne-t-il. Je ne crois pas que ce modèle puisse vraiment déboucher sur un transfert de technologie. Chaque fois qu’un arpent est acquis dans un pays par des intérêts étrangers, c’est autant de terre en moins pour nourrir les habitants.”

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
               Il ressort de ces analyses qu’encore une fois  l’Afrique noire va subir les effets néfastes des appétits démesurés de ces états émergeants et de quelques puissances occidentales. L’exode rural et l’immigration vers l’eldorado européen confirme que le petit paysan paie déjà un très lourd tribut de la sécheresse aux terres où il est confiné car les meilleures terres ne sont pas à sa portée.
                  Aussi, si aucune réglementation internationale  n’est mise en place, les dégâts collatéraux d’une agriculture intensive non contrôlée affectera certains sites sensibles et protégés ou classés et parfois même, patrimoines de l’humanité. L’invasion de la forêt équatoriale africaine (un de deux poumons de notre planète) pour cette fin,  devrait pousser les défenseurs de l’environnement à réagir avant qu’il ne soit trop tard!

 


AUTRES ARTICLES / Références bibliographiques
De Schutter O.,2009. « L'ONU veut contrôler la ruée vers les terres agricoles » cité par le Journ. Le Monde du  16.6.2009. L'ONU veut contrôler la ruée vers les terres agricoles

LE MONDE du 15.06.09 |18h04  • Mis à jour le 15.06.09| 18h04 Bxl..

Muzigwa K. J. 2007. MIGRATIONS MASSIVES DES JEUNES AFRICAINS SUBSAHARIENS VERS L’ELDORADO EUROPEEN : part de responsabilité des pays développés, CEBADAC magazine, n°.7,  série b.,  30pages.

Muzigwa, K. 1995a. AGRICULTURE ET DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE: Une analyse des origines , des contraintes et des conséquences d'une crise agricole. African Study Monographs. Vol. 16 (1). pp. 19 -33. June 1995.  

Muzigwa K. 2005. CULTURE ET COMMERCE DES OGM : UN CHOIX DIFFICILE POUR LES PAYS DU SUD : Quel avenir pour l’humanité face aux intérêts économiques des multinationales de l’agro-alimentaire ! International Magazine, NORTH-SOUTH, N°05, mai 2005. ; 12-18p.

Ngimbi Kalumvueziko, 2009 «CONGO-ZAIRE, LE DESTIN TRAGIQUE D’UNE NATION », Éditions de l’Harmattan, Paris 2009).

L'auteur

Prof. J.-Gr. Muzigwa KASHEMA
Senior Research Associate

Directeur du Centre
E-mail: kashjustin@yahoo.fr; eurocebadac94@gmail.com (website sur Google: http://www.eurocebadac94.com)
Tél: +3243441551; +32484591814

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Commentaires
E
OUI AUX OGM SI C'EST POUR RENDRE VERDOYANT LES DEUX DESERTS (Kalahari et Sahara) VERDOYANTS: c'est-à-dire que les pays africains ne devraient soutenir des projets de recherche en OGM que pour faciliter la propagation des végétaux génétiquement modifiés pouvant s'adapter et se développer dans des conditions climatiques désertiques. Ce qui contribuerait à nourrir et à faciliter l'exploitation de ces surfaces inhabitées.
OGM et sécurité alimentaire en Afrique
  • L'insécurité alimentaire en Afrique est interpellant et nous en portons tous, la responsabilité!Les changements climatiques, conséquences, de la forte demande en énergie entrainent une désertification rapide de terres jadis arables! 2 articles du CEBADAC
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