OGM ET AGRICULTURE DURABLE: LES  PAYS DU SUD N’AURAIENT  BESOIN QUE  D’UN TYPE D’ORGANISMES VEGETAUX GENETIQUEMENT MODIFIES  ET DES LOIS INTERNATIONALES PLUS ADAPTEES

présenté  par

Muzigwa KASHEMA J.-Gr. (1)

Abstract

GMO AND SUSTAINABLE AGRICULTURE: SOUTHERN COUNTRIES DO  NEED SOME TYPE OF GENETICALY MODIFIED ORGANISMS WITH ADAPTED INTERNATIONAL LAWS FOR BETTER MANAGEMENT OF THEM

    Genetically modified organisms (GMO) in plant productions is a biotechnological breakthrough. However, since they are being commercialized for human consumption they arise too many problems instead of solutions. Two journalists of "Le Monde ", n°18169 du 27 juin 2003 (Hirsch et Huriet, 2003) reporting on the last euro-american summit held in may-june 2003, outlined that american multinational agroalimentary indutries are putting pressure on the american President G.W. Bush administration  to convice Brussels (E.U.: european union administration) to remove its moratorium with the intension to export, all over the world, their old stock of GMO excess  productions.
    European commissioner in charge of foreign Trade, Pascal Lamy had rejected any american opinion trying to argue in favor of the international trade of the  GMO plant products to solve the african famine. Furthermore, until now, no answer to health and environnmental  problems which they arised in both consummers and biotops  in contact with the genetically modified corns and several other plants. We do believe that multinational agroalimentary indutries  are progressivelly convicing our political leaders. As matter of fact , instead of  stading security for  consummers health and environment equilibrium, the discussion is focusing now on how the GMO plants could coexist with traditional plants. In any case, the consummer did not have been consulted. Should the occasion arise the farmer would decide to go for any one! Obviously, for consummers legitimacy and legality do not coincide.
    Some proves of the innocuous effects of GMO on the animal health and the environment are being reported recently. Protocole signed in Cartagena should be entirely respected  before removing the european moratorium on the GMO. To make it a matter of principle to label and to follow any treatment the crop may have been undergoing "traçability" could help to guarantee  the 0.5% rate of free penetration of GMO in some european countries. Living organisms' patentability could lead to expropriation of plant heritage to human being, pleading on multinational agroalimentary industries' behalf (i.e of MONSANTO, NOVARTIS, BAYER CropSciences and PIONEER etc.). Should we agree that people  has always been behinhand to make a rule of controlling some  social  observances.

Key words: GMO , Health and Environment
Subtitle: Which perspective for environment and human health for the GMO in consideration of  the economical and commercial interests of the multinational agroalimentary industries .

Résumé    
    Les Organismes génétiquement Modifiés (OGM) en productions végétales est un véritable "breakthrough"  biotechnologique. Néanmoins, ces organismes posent, depuis leur apparition sur le marché, plus de problèmes qu'ils n'apportent, pour l'instant des solutions au problème de la famine dans le monde. Deux journalistes du journal "Le monde" (Hirsch et Huriet, 2003) rapportent que le dernier sommet euro-américain, du mai-juin 2003, permet de constater que les groupes agroalimentaires américains font de plus en plus pression pour chercher à écouler des excédents accumulés avec les anciens programmes d'assistance alimentaire.
    Là où le bas blesse, comme le reconnaît, le Commissaire européen au commerce extérieur, Pascal Lamy, les Etat Unis ne devraient pas utiliser la famine en Afrique pour chercher à influencer l'opinion. Si dans le premier temps, les préoccupations des anti-OGM ont porté sur les considérations d'ordre sanitaire, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, les multinationales des agroalimentaires ont marqué quelques points car, loin d'exclure totalement les OGM, bon nombre d'Etats européens parlent plutôt de la difficile cohabitation entre l'extension de la culture des OGM et le maintien de cultures garanties, non transgéniques.
    En tout cas, à ce jour, pour la ligue de consommateurs, légalité et légitimité ne coïncident pas,. En effet,  personne ne peut prouver l'innocuité des OGM sur la santé, en ce moment ou leurs répercussions néfastes sur l'environnement sont établies. Le protocole de Carthagène doit être respecté dans son entièreté avant de penser à cette levée du moratoire car, personne ne peut garantir ce taux de pénétration autorisé jusqu'à 0,5% des OGM sans « traçabilité » ni étiquetage. La « brevetabilité » du vivant ne risque-t-elle pas de priver une partie de la population mondiale de son patrimoine végétal au profit des multinationales agroalimentaires telles que, MONSANTO, NOVARTIS, BAYER CropSciences et PIONEER etc. Il faut le reconnaître, la loi a toujours un train de retard sur les pratiques sociales, lequel vide juridique que certains opportunistes n'hésitent pas à exploiter.  

Mot clé: OGM , Santé et Environnement
Sous-titre: Quel avenir des OGM pour l'humanité face aux intérêts économiques des multinationales des agroalimentaires.

I- Contexte et motivation
    Pourquoi avons-nous voulu, vous associer à nos réflexions en ce moment précis?. Tout simplement parce que le problème est d'actualité. Tenez, pour preuve, je n'en voudrai qu'à trois raisons principales:
    Primo, la dernière déclaration du Président américain G.W. Bush selon laquelle:"LES CRAINTES NON FONDEES DE L'EUROPE A L' EGARD DES OGM ENTRETIENNENT LA FAMINE EN AFRIQUE"; cette déclaration que tout africain averti doit considérer comme tendancieuse et peu objective est même provocatrice pour l'Afrique accroupie dans sa misère car, on le sait , pour monsieur Georges W. Bush, l'Afrique est le cadet de ses soucis. Cette déclaration en faveur des MULTINATIONALES de l' AGRO-ALIMENTAIRE (MONSANTO; NOVARTIS, BAYER CropSciences et PIONEER) dont il a toujours défendu les intérêts (comme tout récemment en IRAK, en faveur des multinationales pétrolières américaines) accuse donc l'Europe de contrecarrer les efforts déployés pour enrayer la famine en Afrique en s'opposant aux aliments génétiquement modifiés.
    Ce discours du 21 mai 2003, du Président G.W.Bush, est une réaction, au refus d'aide alimentaire américaine (d'aliments transgéniques) des U.S.A. à quelques pays africains dont la Zambie et la Namibie etc.
    Secundo, en ce moment ou les députés européens se prononcent pour des règles strictes sur la contamination  par des OGM et leur étiquetage, d'où la nécessité d'un moratoire demandé par les Commissaires de l'U.E. si bien qu'ils qualifient le refus et la réaction américains, de porter cette affaire aux instances de l'OMC, de légalement injustifiés, d'économiquement infondés et politiquement inopportuns.

    Tertio, si d'une part,  le Sénat et le gouvernement français exigent que la recherche sur les OGM soit protégée et respectée, et d'autre part en apprenant que le National Trust britannique vient d'ordonner à ses 2000 agriculteurs (occupant près de 250.000 hectares)  à bail de ne pas cultiver de variétés génétiquement modifiées sur leurs terres; (rfr. Cordis focus  n° 221 de 19 mai 2003 pp. 20; et n° 222 du 3 juin 2003 pp. 17 et 19), en exigeant d'abord  l'application du principe de précaution, une plus grande transparence, un dialogue sincère et intense entre les acteurs, pourquoi l'Afrique, dont les Structures sanitaire et juridique sont les moins performants, pourrait-elle se lancer dans une aventure que les G8 redoutent encore? Il nous faut d'abord  des garanties, et quelques futures preuves scientifiques de l'"inoffensivité" des organismes végétaux GM aussi bien pour l'homme que l'Environnement.


Rappel :
    Pour mieux cerner le problème, nous pensons qu'un petit aperçu historique est nécessaire. Aussi, si besoin en est, quelques notions fondamentales de la biotechnologie pourraient  être brièvement abordées.
    Il faut reconnaître que les technosciences vont de plus en plus être utilisées dans les décennies à venir pour améliorer la situation aussi bien sanitaire qu'alimentaire dans le monde. Avant la généralisation  des pratiques de la biotechnologie, l'Agriculture mobilise encore 45% de la population mondiale(± 2.350.106 d'hommes sur 1.375 millions d'hectares des terres arables).


    Trois prétextes soutiendraient cette hypothèse d'application des technosciences en productions alimentaires, à savoir:
    1- L'ACCROISSEMENT RAPIDE  DE LA POPULATION MONDIALE (un peu plus de 6 milliards d'hommes sur notre planète terre);
    2- LA NON PERFORMANCE DE CERTAINES SOUCHES (GRAINES) FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES;
    3- LA REDUCTION DES SURFACES ARABLES DANS LE MONDE


    Pour mémoire, jusqu'en 1973, le fermier et/ou l'agriculteur pouvait recourir à deux techniques pour améliorer son rendement. Il s'agit des sélections massale et généalogique. Bien que ces pratiques soient encore d'application dans plusieurs pays, elles se sont révélées inadéquates et peu rentables à très grande échelle;
    Mais alors, pourquoi ces organismes génétiquement modifiés font si peur, aussi bien aux petits agriculteurs, aux consommateurs qu'à tout homme averti?
    L'idée au départ n'était pas mauvaise. En effet, deux disciplines incontournables et absolument essentielles pour la recherche fondamentale en biotechnologie se sont développées, il s'agit de la BIOLOGIE MOLECULAIRE et du GENIE GENETIQUE.
    Malheureusement, lorsque les multinationales s'y sont intéressées dans le but de réaliser un peu plus de profits, tout a basculé. De la réduction de la main d'oeuvre en agriculture au "brevetage" en passant par la confiscation du patrimoine végétal mondial, l'Etat se trouve incapable d'arrêter cette expropriation des pauvres ruraux au nom de la mondialisation.
    En effet, c'est depuis 1973 qu'il eût lieu les premiers essais de transfert de gènes étrangers sur une bactérie aux USA; en 1983, les chercheurs américains réussirent la première plante, le TABAC, génétiquement modifiée. En 1986, la Belgique fut le 1er pays européen à accepter un essai en champ d'autres plantes OGM. En 1996, mise sur le marché de la 1ère PGM: la tomate McGregor et il fut un échec commercial.
    Malgré cela, 30 ans après, l'opinion publique reste toujours méfiante quant à la généralisation de cultures GM et la consommation systématique  des aliments transgéniques;

Quelle est la situation à ce jour?
    Les techniques se sont améliorées. De nos jours, toute la prouesse tient à une simple bactérie. Nonobstant, pour introduire un gène dans une plante et pour qu'il modifie son ADN (matériel génétique, ou patrimoine héréditaire de tout organisme ou génome) sans perturber son métabolisme, les chercheurs ont longtemps buté sur des techniques mécaniques. Avant d'améliorer Agrobacterium ( bactérie qui infecte les plantes et règne désormais sur la trans-genèse).Tout se passe en 6 étapes:
1- Sélection du gène d'intérêt;
2- Fabrication d'un plasmide;
3- Multiplication et transfert;
4- Infection des cellules;
5- Nouvelle sélection;
6- Sélection finale
    Une fois cette plante (x) est dotée (ou diminuée) de quelques caractéristiques recherchées (ou  non désirées ) ses souches sont multipliées, le brevet est accordé à la multinationale qui a financé la recherche. Le circuit de distribution des semences à grande échelle est incontrolable par les Etats et encore moins par une Coopérative d'Agriculteurs ou de fermiers.

II- Problématique : RECRUDESCENCE DES CATASTROPHES NATURELLES, DIFFICULTES  DE  L’AGRICULTURE  DURABLE , OISIVETE ET FAMINE  DONT LES CONSEQUENCES SONT ENTRE AUTRE,  L’IMMIGRATION  MASSIVE DES JEUNES AFRICAINS SUBSAHARIENS VERS L’ELDORADO EUROPEEN : part de responsabilité des pays développés, plus particulièrement  l’Union européenne et les Etats-Unis

    L’immigration africaine vers l’éldorado européen et ailleurs, qualifiée de sauvage, est la conséquence normale et directe des changements climatiques (à cause des grands pollueurs), de la mondialisation, du refus de soutenir l’agriculture durable en Afrique subsaharienne, tout en imposant les prix aux autres matières premières de ces Etats là, et l’incapacité de l’homme politique occidental à contrôler la libre circulation des capitaux des multinationales (responsables du soutien aux rebellions et à l’instabilité des Gouvernements africains).
    Seule une politique internationale visant à financer les Centres ruraux du développement durable pourraient apporter une solution à l’invasion de l’Europe par les misérables des pays du sud en l’occurrence l’Afrique subsaharienne.    
D’abord, qu’est-ce que le développement durable ? A l’échelle internationale, eu égard aux différentes sonnettes d’alarmes tirées dans des Conventions internationales (rfr.  rapport Bruntland (publié en 1987), Ramsar II) et les Accords de Rio (du 3 au 14 juin 1992), on sait aujourd’hui que les ressources de la terre étant épuisables et qu’il faut par conséquent, un changement de mentalité, c’est-à-dire, une toute autre politique d’utilisation des ressources de la terre. C’est ce qu’ils se sont convenus d’appeler, LA LOGIQUE DU DEVELOPPEMENT DURABLE.

        C’est ainsi que par la suite, chaque secteur de production (industrie, transport et agriculture pour ne citer que ceux-là) est revisité et les spécialistes s’aperçoivent, très vite, que pour chacun de ces secteurs, la prise en compte de l’équilibre entre la production et l’environnement est indispensable. Les termes anglais sont plus significatifs dans leur étymologie « Carrying capacity , sustainable agriculture or sustainable developement »

            Ainsi donc, l’Agriculture durable:
                                                     C’est le fait que les acteurs politiques et économiques prennent conscience que tous les systèmes de production sont corrélés et que tout excès d’un dispositif d’exploitation affecte l’équilibre de l’environnement aussi bien écologique  qu’économico-stratégique. Puisque notre entretien ne concerne que l’Agriculture, voyons, plutôt comment se pose le problème dans les pays du sud par rapport à cette PREOCCUPATION ?

Au fait, il est de trois ordres :
Primo, on demande aux petits agriculteurs, fermiers, pêcheurs et chasseurs  africains de ne plus :
1-    pratiquer l’agriculture sur brûlis
2-    procéder par feu de brousse dans leur exploitation  agricole ;
3-    recourir à des  dans engrais prohibés
4-    faire usage de  pesticides interdits tel que le DDT
5-    chasser dans les parcs et zones protégés
Mais pour une agriculture peu soutenue c’est l’asphixie et la famine dans bon nombre de familles. D’où d’ailleurs l’exode rural et puis l’aventure de tout risquer pour l’eldorado européen.


Secundo, cette agriculture subit en même temps les alea de la conjoncture internationale telles que :
1-le réchauffement climatique ayant pour conséquences :
•    l’extension du désert
•    l’irrégularité des pluies
•    l’invasion des criquets
•    la sécheresse

2- l’absence des recherches appropriées pour l’adaptation des graines aux conditions environnementales (graines non renouvelées) ;
3- l’absence de routes de desserte agricole ;
4- le prix des matières premières fixées par l’occident et surtout en baisse ;
5- le prix en hausse du carburant ;
6- l’instabilité des gouvernements dans les pays du sud ;
7- les alliances commercialo-militaires dans plusieurs pays d’Afrique noire et les conflits télécommandés  incessants ;

Tertio, une attitude quelque peu irresponsable de certains pays du nord. Le monde paie déjà un très lourd tribut des conséquences des pollutions aussi bien dans les pays du Sud que ceux du Nord (33.000 personnes meurent chaque année par pollutions atmosphérique) .

             Entre temps on apprend qu’un grand nombre des pays du Nord souhaitent acheter le quota (droit de polluer plus) des pays du Sud. Franchement de qui se moque –t-on ? N’a-t-on pas dit que nous étions tous dans un même bateau ? La planète encaisse tout ça et nous les flanque à la figure sous forme d’Ouragans, des pluies acides, des sécheresses, des tempêtes peu importe ou cela arrive quelque soit le pays qui est responsables des rejets dans l’atmosphère. Il y a une sorte d’hypocrisie politico stratégique et commercialo-financière.

           Notre ancêtre du néolithique, plus précisément au Proche Orient, en devenant sédentaire, il initie les premières formes de l’agriculture (vers 9.000 ans avant J. Christ (Cauvin, 1996) et ouvre en même temps  pour l’humanité toute entière ce qui allait devenir, le plus grand facteur économique du développement.
L’IMPOSITION DES OGM NE REPONDANT NI AU SOUCI DE L’AGRICULTURE DURABLE, ET ENCORE MOINS AUX PREOCCUPATIONS DE LA FAMINE NI DU DEVELOPPEMENT DURABLE EN GENERAL (Pour plus d’informations, rfr. l’article publié à cet effet!)
            La culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés nous impose à la fois sept enjeux majeurs qu’il faut concilier et maîtriser, à savoir : économique, environnemental, scientifique, sanitaire, politique et juridique et éthique. Nous n’en discuterons que 5 tout en faisant allusion aux deux autres.
Aujourd’hui la pollution tue un peu plus de 31.000 personnes par an soit une moyenne de 6% du nombre total des décès par an dans le monde! Aussi bien dans l’air que dans nos assiettes, l’hommes est continuellement exposé aux  intoxications de différentes natures.
 
             Le 8 octobre 2005, l’ONU par le truchement de son Organisme spécialisé dans le domaine de l’Alimentation dans le monde a reconnu que malgré l’accroissement d’aide vers le tiers monde, plus de 800 millions d’humains ne mangent pas à leur faim et près de 300 millions souffrent de malnutrition et dont plus de 40% vivent en Afrique noire.

Un constat amère!
Aujourd’hui on se rend compte que le mobile qui a poussé les pays développés à financer froidement cette forme d’Agriculture en Afrique tient plutôt à leurs propres intérêts qu’à ceux des africains. De leurs intérêts on peut citer :
1-La protection de la biodiversité des espèces en danger, vulnérables et rares,  
2-la sauvegarde de la diversité des zones protégées, des réserves de la biosphère, des zones humides internationales et du réseau mondial d’aires protégées ;
            Il est vrai que sans un changement d’attitude et de notre mode de vie en général tout ceci est appelé à disparaître! L’idée d’une agriculture durable non subventionnée  est aussi suicidaire pour l’Afrique qu’est le développement durable pour l’économie américaine en ce moment ou les Etats-Unis refusent de ratifier les accords de Rio !

Suggestions
Les puissances occidentales et l’ONU y compris n’ont pas cherché à trouver des solutions durables à la problématique d’immigration sauvage, comme certains leaders européens n’hésitent plus à la qualifier. Nonobstant, elle pose un double cas de conscience à l’homme européen en général, et interpelle l’humanité toute entière face à l’hécatombe que nous créons autour de nous et du monde en général. D’abord deux constats auraient dus être relevés, à savoir :

Primo, cette catégorie d’africains arrivés jusque-là, ce sont des hommes et des femmes courageuses, démunis de toute arme ni mauvaise intention de nuire à l’européen et qu’ils ont osé braver toutes les intempéries et risquer leur vie pour mettre la force de leur jeunesse au service de l’homme qui lui a appris la charité, l’esprit de partage et la démocratie;

Secundo, c’est pratiquement le beurre de tout un continent qui prend le risque afin de faire survivre ceux qui sont restés et les engagements qu’ils prennent sont parfois lourds des conséquences pour ceux qui les laissent partir. C’est donc un acte suicidaire de les renvoyer tel que ç’a été fait et tant pis pour ce qui leur arrive dans le désert ! 

 
           Un des axes à exploiter pour répondre au double cas de conscience que pose ce phénomène, c’est la volonté de partager et de faire participer à l’humanité toute entière aux acquis du boum technologique et commercial . Il faut aider ces gens à se sentir mieux chez eux. En d’autres termes, il faut leur donner ou les aider à créer sur place ce qu’ils suivent en Europe.

           Certains projets de développement rural qui ont réussi dans les pays du Sud peuvent être sud comme exemple. Nous pouvons suggérer, les Centres pilotes ou de développement agro-pastoraux dotés des camps des travailleurs et des infrastructures modernes dans des milieux ruraux les plus reculés des Capitales africaines. Ces centres peuvent être aussi agro-industriels ou techniques mais fortement soutenus par des pays riches et les institutions financières et organismes  internationaux. Le barème salarial répond aussi à la volonté de cette jeunesse qui n’ignore plus les réalités sous d’autres cieux.

           Si l’on continue à traiter cette question, sans chercher les vraies causes de l’immigration, on peut parler de ce deuxième cas de conscience qui se pose pour l’européen et l’homme occidental (dit des pays développés), pour  non assistance aux personnes en danger. Et puisque ces conditions de vie misérable sont entre autre provoquées et soutenues par l’environnement international qu’a créé et défend  l’homme occidental, les pays africains pourraient se pourvoir en justice contre le monde développé.

           Au fait, les problèmes qu'engendrent les Organismes végétaux G.M. sont de plusieurs  natures. Nous en évoquerons les 5 plus importants.


I- Sur le plan moral et éthique
    L'Eglise catholique romaine estime que c'est une atteinte à l'ordre divin de modifier le patrimoine génétique d'un organisme vivant car,il s'agit d'une création divine; aussi, en application du principe de précaution (comme ça se passe avec les nouveaux produits pharmaceutiques), il aurait fallu un peu de recul pour évaluer les risques encourus par tout  autre être vivant qui serait mis en contact (ou appeler à manger) ces O.G. modifiés.

II- Sur le plan juridique et sanitaire
    La façon dont les plantes se pollinisent nécessitent une nouvelle législation en matière. En effet, l'intervention du vent et des insectes dans la pollinisation de quelques végétaux ne rassurent pas certains agriculteurs qui souhaitent coexister avec ceux qui acceptent les OGM.
    Les populations ayant consommé le soya et le noix du Brésil transgéniques ont développé des allergies. Aussi, faute de recul suffisant, les hypothèses abondent quant aux possibilités à l'homme (consommateur des OGM) de développer une résistance aux antibiotiques, aux  herbicides et autres pesticides.


III- Sur le plan environnemental et conservation de la nature
     Ne perdons pas de vue que l'objectif poursuivi par les multinationales est de maximaliser leur bénéfice (Muzigwa et al, 2001). Il faut se passer de cette main d'oeuvre coûteuse qui vient désherber et pulvériser des milliers d'hectares. Le déversement d'herbicides (75% des cultures tolérantes aux herbicides) et d'insecticides par des petits porteurs se généralise.
    Les sols qui encaissent tous ces épandages deviennent du même coup pollués et peu productifs. Le ruissellement des eaux provenant de ces champs tuent en aval certains micro-organismes aquatiques, les oeufs et les larves des poissons (Muzigwa, 1994b.). Il y a dans la région toute une modification de texture du sol et dont les conséquences sont imprévisibles (SCIENCES & VIE, n° 1029, juin 2003, pp. 108-123).
    Il faut reconnaitre qu'à beaucoup d'égards, l'environnement continue à se dégrader, et les indices recueillis nous amènent à conclure que les hommes sont de plus en plus vulnérables aux mutations de l'environnement. Certains pays peuvent faire face à cette évolution, mais beaucoup d'autres sont encore en danger, et quand ce danger devient une réalité immédiate, les perspectives de développement durable se trouvent retardées de plusieurs décennies (Klaus Topper, Dir. Exécutif du P.N.U. pour l'Environnement).
    Le développement durable offre une possibilité exceptionnelle pour l'humanité: sur le plan économique, de créer des marchés et des emplois;  sur le plan social, de lutter contre l'exclusion; sur le plan politique, de réduire les tensions sur les ressources, qui risquent de conduire à des violences; et bien entendu, sur le plan de l'environnement, de protéger les écosystèmes et les ressources dont la vie dépend (Kofi Annan, Sec. Gén. de l'ONU).

IV- Sur le plan de droit de propriété
    Le brevet donne droit de contrôle et prive à d'autres la liberté d'exploiter certaines essences végétales dans l'avenir. MONSANTO et NOVARTIS sont propriétaires des céréales et autres végétaux qu'elles ont génétiquement modifié. Dès lors, quand on sait qu'à long terme, des champs côte à côte dont certains sont des OGM, l'hypothèse d'une généralisation future de certains céréales GM n'est plus exclue. Le fermier ou l'agriculteur ne contrôle pas le processus de pollinisation de ses champs! Bref, tout Etat responsable doit craindre cette privation et l'exclusion de ses petits fermiers et/ou agriculteurs du marché international. Enfin, le RoundUp perturberait la symbiose entre la plante et les bactéries du sol, fixatrices d'azote, nécessaire pour la croissance végétale.

V- Sur le plan de rentabilité
    La rentabilité de la filière fait désormais débat. Des voix se lèvent pour dénoncer une augmentation des quantités d'herbicide jusqu'à 30% de Round Up supplémentaire. Les planteurs (canadiens) de Colza génétiquement modifié ont dû accroître jusqu'à 17% en moyenne leur nombre de passages d'herbicide par rapport aux cultivateurs traditionnels.

Conclusions
    Quatre pays fournissent aujourd'hui à eux seuls 99% du marché: USA (66%), Argentine (23%), Canada (6%) et la Chine (4%). Le 1% serait détenu par le Japon, la Thaïlande et l'Afrique du Sud. Si l'Europe lève son moratoire d'autres pays pourraient s'y mettre. Même si l'Argentine et la Chine se sont lancés avec enthousiasme dans l'aventure des OGM, le géant asiatique semble aujourd'hui redouter l'avenir commercial de cette filière (SCIENCES & VIE , n° 1029, juin 2003, pp. 108-123).
    L'avenir des OGM n'est pas joué. Des pays comme le Brésil et la Zambie les refusent obstinément. L'Inde, New Delhi reste prudente à l'égard des OGM.
    La mesure américaine de déposer plainte auprès des instances de l'OMC ne peut que compliquer davantage encore un débat déjà complexe en Europe, a averti Margot Wallström, Commissaire européen en charge de l'Environnement (Communiqué de Presse IP/03/681 de l'union européenne)
    Logiquement, toute pratique d'exploitation (ou de production)  qui n'obéirait pas aux exigences de l'équilibre de la nature pose quelques questions, à savoir :
    Faudra-t-il aussi des corps humains aux codes génétiques modifiés (à la manière des OGM « Organismes Génétiquement Modifiés ») pour nous adapter à notre nouvel environnement alimentaire? Mais aussi, que pourrait faire l’humanité de ses mutants issus de ces manipulations génétiques (Muzigwa et al, 2001) ?
    Les technosciences (biotechnologies et autres) continuent leur aventure entreprise au lendemain de l’essor de la biologie moléculaire et du génie génétique vers les années 60. Elles n’ont cessé d’étonner et de surprendre ceux de nos congénères garants de l’éthique scientifique et de la déontologie professionnelle! Dix savants de réputation internationale interviewés par le mensuel « LE VIF EXPRESS 13ème année n°40; L’Express n°2309 » du 6 au 12 octobre 1995 sont unanimes que parmi les domaines qui nous réservent bien des surprises figurent les sciences du vivant.    
    L’enjeu étant de taille aussi bien économique que géopolitique l’on se demande comment l’homme pourrait encore récupérer le rapport de force et d’intérêts qu’il eût un moment de son histoire lorsque la science fut  au service de l’homme et non la science au service de l’économie ou du néolibéralisme sauvage comme nous le vivons maintenant!  
    Le pouvoir des industries agrochimiques, agroalimentaires et du génie génétique suscite des débats dans les milieux aussi bien politiques que d’éthique scientifique en ce début du XXIème siècle (Muzigwa et al., 2001).     La course effrénée au rendement comme hypothèse à l’économie de marché nous entraine dans une spirale de création du nouveau vivant qu’il faut désormais faire avec. Des pluies acides à l’excès du PCB dans nos légumes (Muzigwa & Diemby, 1993),  nous sommes passés des plantes transgéniques à la dioxine, à la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine"ESB") et tout récemment à la brebis clonée, la fameuse Dolly, morte depuis peu, sans que l'opinion sache de quoi réellement!
    Bref, il y a de quoi se poser des questions sur la récupération des applications de la biotechnologie par les multinationales des agro-industries et des agroalimentaires. Face à la puissance de l'argent, la bioéthique fait piètre figure. La science s’est mise au service du rendement, de l’économie du marché, en un mot, du néolibéralisme.
    Dès lors, la question est elle seulement d’imposer une toute autre éthique scientifique ou replacer l’homme au centre de nos préoccupations? Toute personne avertie ressent comme rempart contre la déferlante néolibérale, la nécessité d’un contre-projet global, d’une contre idéologie, d’un édifice conceptuel pouvant être opposé au monde dominant actuel. Il devient indispensable de réintroduire du collectif porteur d’avenir. Et l’action collective passe désormais par l'Associatif autant que par les Partis ou les Syndicats. Au sein de l’Union européenne, plus particulièrement en Belgique, et en France la prolifération des associations qui font de l’homme leur centre d’intérêt ne tardera pas à devenir un lobby incontournable à la base! Néanmoins, certaines convictions politiques (des partis dits populaires) seraient responsables du dérapage que nous décrions car, leur vision du progrès est essentiellement fondée sur l’économie de marché. Aussi, si leur liberté de pensée et d’expression a pour condition nécessaire une certaine liberté économique, tout est alors permis!
    Notre monde ne serait-elle pas à la recherche des nouvelles références car, certaines des valeurs traditionnelles sont déjà remises en question! En tout cas, quoiqu'il en soit, la reconstruction du vivant crée une interface entre l'ordre du vivant et l'ordre humain. Certains évènements résultant des technosciences et des biotechnologies engendrent des effets sociaux bouleversant qu'il faudra savoir accompagner.

Références bibliographiques
1- Tardieu , V. & étudiants en  journalisme scientifique de Montpellier, 2003. "Les O.G.M. ont le moral bas". SCIENCES & VIE , n° 1029, juin 2003, pp. 108-123.

2- Cordis focus n° 221 de 19 mai 2003 p 20; n° 222 du 3 juin 2003 p.17 et 19).

3- Hirsch , M. et Huriet, Cl., 2003.  Journal "Le monde" n°18169 du 27 juin 2003

4-MUZIGWA, K. 1994b. LES ENJEUX DE L' ECODEVELOPPEMENT. Quel Avenir pour la Biodiversité du Zaïre ! P.U.L. 362p.

5- MUZIGWA, K. ET DIEMBY, L. 1993 - Rôle des facteurs géophysiques, climatiques, environnementaux et physico-chimiques dans le processus de reproduction des poissons téléostéens des zones tempérées et tropicales. Afr.  Hydrobiol. and Aquac.  Rev. an., Vol. 24 (1) 106 - 169. Mai, 1993.

6- MUZIGWA, K., DIEMBY M.V.,  MAKOSO NY. BACIZA M. ET SHIGETA F.K. 2004. UNE INTRODUCTION A LA DYNAMIQUE DES SYSTEMES ECO-BIOLOGIQUES):"Comprendre, évaluer, réhabiliter et modéliser la gestion des habitats et des espèces aux seuils critiques". 256p. Editions du CEBADAC.

7- Muzigwa K.J., Diemby, L.M.V., Kalombo K. D. et Makunza K. E., 2006. Effets des changements climatiques et de la pollution sur la productivité du fleuve Congo, au Pool Malebo et leur incidence sur la santé des hommes par la consommation de l’eau et du poisson (Etude de la biologie de deux espèces du poisson mboto, Distichodus spp., comme bio-indicatrices, prélevées aux sites de Maluku, de Kinkole et de Kinsuka). Intern. Magazine : Changements climatiques et pollutions aquatiques : PRODUCTIVITE DU FLEUVE ET SANTE PUBLIQUE, Vol.1.(32) :126-199, Déc.. 2006.

8- Communiqué de Presse IP/03/681 de l'union européenne.

Ci-joint différents sites qui regorgent d'informations sur le sujet
http://www.infogm.org/
http://www.foeeurope.org/GMOs/gmofree/
http://www.natpro.be/comg.htm

(1) L’auteur :  
Muzigwa KASHEMA J.-Gr.(*)
Senior Research Associate,
Directeur du Centre CEBADAC (Professor);
Rue Victor Carpentier, 4
4020 Liège (Belgique)

(*)Member of the american society for science, Chartered biologist (Cbiol.) depuis 1983; member of the british Institute of Biology.
Tél: 0032(4)3441551; 0032 484/591814 ; E-mail: kashjustin@yahoo.fr