OGM et sécurité alimentaire en Afrique

17 février 2012

ON ECHAPPE PAS A SA VOCATION, A L'APPEL!


RECENSION

 

PAUL DE TARSE: "Un homme aux prises avec Dieu "

Résumé de ce livre de   DANIEL DE MARGUERAT (Editions du Moulin,1999 SA

CH-1041 Poliez-le-Grand (Suisse)

Présenté par

Pr. Muzigwa KASHEMA  J.- Gratien (Diacre permanent)

Chercheur et enseignant

 

Introduction

 I- PAUL, L’enfant terrible du Christianisme

La réputation de Paul, n’est plus à démontrer. Bien qu’il fut pour longtemps, le mal-aimé du christianisme, l’Occident chrétien n’en finit pas de régler ses comptes avec un apôtre auquel pourtant, il doit sa foi.

En effet, il faut reconnaître que sans lui, sans son génie à formuler les vérités essentielles du christianisme, la chrétienté serait demeurée une secte obscure. Mais, au fait, Paul s’est trouvé là, homme providentiel s’il en est, en ce lieu-carrefour où le christianisme s’est ouvert à l’universel.

Les ennuis de Paul, ce juif, intellectuel de haut rang commencent lorsqu’il troque la pure religion de cœur, enseignée par Jésus, contre un système doctrinal compliqué et tortueux. Bref, cet homme, devenu renégat du judaïsme irrite et ses propos sont même compris à l’envers de ce qu’ils veulent vraiment dire !

Cependant, l’on peut affirmer que les références à Paul sont incontournables, à nôtre époque, pour des raisons suivantes :

1- Cet homme a eu un parcours personnel surprenant qui l’a fait passer du statut d’ennemi du mouvement de Jésus à celui d’ami (HOMME A L’HISTOIRE SIPIRITUELLE CASSEE EN DEUX);

2- Avec lui, l’entreprise missionnaire d’une envergure sans précédent s’est déroulée aux débuts du christianisme. Au fait, on peut se demander si en se retrempant dans l’audace et les défis du commencement ne ferait pas du bien à notre christianisme fatigué (UN PASTEUR AUX OUAILLES UNIVERSELLES) ;

3-Cet apôtre auto proclamé a pensé la doctrine chrétienne. Il a réfléchi à l’existence croyante car, jamais avant lui on avait exprimé avec autant de profondeur ce qu’est la GRACE, ce qu’est le PECHE et enfin ce qu’est la LIBERTE CHRETIENNE (UN THEOLOGIEN DE GENIE).

 L’auteur Marguerat (1999) va plus loin en affirmant que la destinée de l’Occident n’aurait pas été ce qu’elle fut et ce qu’elle est  sans le génie de Paul à penser radicalement « LE SORT DES HUMAINS DEVANT DIEU ».

 

II- PAUL DE TARSE, UN CITOYEN DU MONDE

Paul serait né probablement vers l’an 7 de notre ère et pourrait donc être de 12 ans plus jeune que Jésus, le Christ. Malheureusement leurs chemins ne se sont jamais croisés. Tout sépare Jésus de Paul (naissance, culture, métier, origine, langage). Le Ier est galiléen, pays de lac et de villages. La Ville de Jérusalem ne devait pas lui être familière. Paul quant à lui est citadin, de tarse en Asie mineure. Intellectuel de haut rang, pharisien, membre de ce groupe que Jésus affrontera si souvent ! Jésus a le langage de la terre et de l’eau. Ses paraboles parlent des noces dans les villages, des chômeurs attendent l’embauche, des semailles difficiles, et du berger comptant ses moutons le soir venu. Paul quant à lui, il évoque les maisons et les marchés, les maîtres et les esclaves, les routes, les sanctuaires dominant la cité.

Dans l’Antiquité pour bénéficier d’une bonne éducation et d’une Instruction d’une grande qualité , il fallait répondre aux critères suivants :

- être du bon sexe

- être d’une famille aisée

- habiter un bon lieu

- être un homme libre (non esclave).

Paul réunissait toutes ces conditions. Aussi, il jouit de deux cultures : romaine et juive. Ce qui fait de lui, le citoyen du monde connu à cette époque là. Paul, l’asiatique de tarse, souvent comparé à Philon, le philosophe l’africain d’Alexandrie et à l’historien Flavius Josèphe (le juif de Rome) peuvent être considérés comme des passeurs de mémoire et de conviction d’un monde à l’autre.

Tarse où a grandi Paul est une ville-carrefour où on vit tourné vers l’ouest, Rome. D’où, d’ailleurs, pense-t-on que Paul évangélise dans des villes et ensuite il s’oriente vers Rome.

En ce début du christianisme, ou  Paul commence son évangélisation, le visage du judaïsme ancien est multiforme et présenterait plusieurs sensibilités. Nous pouvons citer :

1-    le paysan galiléen nationaliste ;

2-    l’aristocrate sadducéen  conservateur ;

3-    le sectaire de Qumrân

4-    le pharisien connaissant sa Torah sur le bout de doigt;

Paul a d’abord vécu suivant loi de la Torah et il le dit mieux que quiconque dans Ph 3, 5-6):

« …. Circoncis le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d’Hébreux ; pour la Loi, pharisien ; pour le zèle, persécuteur de l’Eglise ; pour la justice qu’on trouve dans la Loi, devenu irréprochable ». Au vu de ce palmarès de Paul, peut-on vraiment parler de CONVERSION ou plutôt d’ILLUMINATION, de REVELATION et de VOCATION ou de TRANSFORMATION de Paul ? Finalement changer, n’est-ce pas regarder aujourd’hui différemment les mêmes choses qu’ hier ?

Dans Gallates (Ga 1, 15-16), il dit : « Mais quand Celui qui m’a mis à part dès le sein de ma mère et m’a appelé par sa grâce a jugé bon de révéler en moi son Fils pour que je l’annonce parmi les paiens… »

Du point de vue théologique, ce retournement de Paul peut donner  à penser 4 choses :

Primo, le lien répété entre l’illumination et la persécution des chrétiens. Est-ce le paroxysme de la répression qui déconstruit en lui son rapport à la Loi ?

Secundo, l’illumination a consisté à voir tout d’un coup que le le perdu du Golgotha était le fils, le Vivant, et que Dieu était du côté de la victime et non du côté des bourreaux !

Tertio, Paul renaît-, c’est la grâce. La renaissance est un pur cadeau. Ce que je suis devenu, dit-il, c’est la grâce qui l’a fait de moi (1Co 15,10) ;

Quarto, le lien qu’établit Paul entre révélation et vocation d’évangéliser les nations. Son regard sur Dieu change. Il découvre que le Dieu de l’alliance avec Israël veut faire alliance avec le monde entier et qu’il l’offre sans condition.

Cependant, tout doit se jouer entre deux pôles inconciliables : le Christ et la Loi ! La formule par laquelle Paul a cristallisé son choix est bien connu : L’homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi, mais seulement par le foi de Jésus Christ (Ga é,16). N’est-ce pas 2 époques de l’histoire du salut qui se trouvent ainsi distinguées par deux attitudes de vie :

=>la tentative d’être justifié devant Dieu par les œuvres de la Loi qui relèverait  de l’ancien temps (Ga 1,4 ; 6, 14) ;

=>la réception de l’Esprit par la foi qui caractériserait la nouvelle alliance (Ga 3, 1-5 ; 4, 1-7) ;    

        Par son slogan, Paul a donc le mérite d’introduire la notion d’une identité ouverte : Il n’y a plus ni juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni masculin ni féminin (Ga 3,28 ; 1Co 12,13 ; Rm 10,12).Cette déclaration est révolutionnaire du point de vue théologique, pense l’auteur Marguerat. La Loi trie en effet selon les qualités alors que Dieu aime l’individu inconditionnellement, hors de toute prestation de sa part. Bien que le monde dans lequel vit Paul de Tarse est à identité fermée, certains n’hésitent pas à le juge quant à son discours relatif aux femmes ! Et pourtant, c’est un monde des différences fond é sur les acquis religieux, politiques, sociaux, économiques pouvant donner droit à des prérogatives ou des privilèges.

Paul de Tarse vient révolutionner car, sa théologie démontre que le « moi » résulte de l’approbation de Dieu, Seul qui permet la reconnaissance d’autrui comme d’un autre moi, un « toi » auquel Dieu consent, quelles que soient les différences qui nous séparent.

        Dans les communautés pauliennes, l’identité ouverte conférait à chacun une égalité de statut. Et le dispute corinthienne sur le port du voile ne doit pas occulter un fait d’importance primordiale : au culte de Corinthe, hommes et femmes prient, hommes et femmes prophétisent : ce qui est parfaitement inhabituel. Bref, la position de Paul de Tarse quant à l’autorité de la femme dans certaines religions est nettement plus progressiste deux mille ans après!

 

III- L’APOTRE PAUL, EST-IL L’AME DAMNEE DE L’ANTIJUDAISME OU L’AUTEUR PRESUME DU DIVORCE DE L’EGLISE ET DE LA SYNAGOGUE ?

Il est vrai que la doctrine paulienne de la justification hors la Loi ait fonctionné comme une arme idéologique antijuive. De là, faire porter à Paul seul le chapeau, cela me parait très réducteur. A cet effet, l’auteur se pose deux questions :

-         est-ce qu’il se pourrait que le mépris du judaïsme ait imprégné jusqu’aux textes fondateurs de la foi chrétienne ?

-         que faire si la médiation du Nouveau testament instillait en nous, en notre insu, la haine du juif?

          Mais, on ne rencontre dans les écrits de Paul ni généralisation sur « les juifs » (sauf chez 1Th 2, 14-16), ni image négative d’Israël, ni agressivité antijuive. Il ajoute en affirmant dans Rm 7, « ce n’est pas la Loi qui est mauvaise, mais le péché qui agit en moi et qui me fait accomplir non pas le bien que je veux , mais le mal que je ne veux pas ». Ainsi donc Paul marque le plus fortement son écart avec la théologie juive. Il va effectivement conceptualiser ce qui sépare la foi juive de la foi chrétienne ! A cet effet, il aura permis au Christianisme de penser la rupture qui s’est produite  après, de la comprendre, et de la justifier théologiquement.

Ce qu’il faut retenir est que certains juifs ont reconnu le bien fondé de l’universalisme des enseignements pauliens. Je m’en voudrais de ne pas citer ce juif américain, Daniel Boyarin (1994) qui écrit dans un livre consacré à Paul de Tarse : cet apôtre serait la source de l’universalisme occidental.

 

IV– UN DES MERITES DE PAUL EST D’AVOIR FAIT RESSURGIR FAIT UNE MEME GRACE QUI FONDE L’HUMANITE

        La théologie de Paul relève dans la figure d’Abraham n’est plus celle d’exclusion d’une double signification, à savoir: celle d’inclusion et d’intégration. Dieu se révèle comme celui des juifs et des païens. Ce qui signifierait aussi qu’il faudrait un peu plus d’humilité dans le principe incontournable de tout DIALOGUE INTERRELIGIEUX. Il doit se baser sur la reconnaissance de que l’absolu nous échappe, que nous sommes les uns et les autres, en deçà de nos différences durcies par l’histoire, redevables d’un geste de grâce immérité et qui nous fonde.

 Conclusions

Quesnel, 2008 affirme qu’incontestablement, St. Paul est le « père de la théologie dogmatique chrétienne». Becker, 1992 écrit : Paul,« l’Apôtre des nations ». C’est sous sa plume que des nombreux concepts, pourtant absents des Evangiles, sont entrés dans le vocabulaire et la pensée théologique de l’Eglise. Nous citerons :

-         primo, la « rédemption »

-         secundo, la « justification »

-         tertio, la « conscience »

-         quarto, la « grâce » et

-         quinto, la « liberté ». Bref, à partir de ces mots et d’autres semblables, la doctrine chrétienne s’est peu à peu formulée et le discours chrétien a pu se doter d’une ossature, d’une cohérence.

            Chez Paul tout est relu à travers le mystère pascal. Cette théologie christologisée, dira Spronck (2008), au cours d’un séminaire organisé pendant l’année 2008, consacrée à l’apôtre Paul, trouve son véritable point d’ancrage dans un « événement de grâce », qui n’est autre que l’expérience éblouissante du chemin de Damas (Ac 9, 1s) : Saul, l’intellectuel cultivé, le pharisien de haut vol, est littéralement « saisi » (Ph 3,12), non par une doctrine, mais par quelqu’un : Jésus-Christ en personne. Rencontre bouleversante qui va être la véritable « matrice » de toute la théologie paulienne, qui va en définir les grandes lignes que nous connaissons : primat et surabondance de la grâce divine (Rm 5,20), justification par la foi (Rm 3, 21s., Ga 2, 16, sens du corps mystique du Christ (1Co 12, 12s.), évangélisation des nations et destinée eschatologique du peuple hébreu (Rm 9-11). On peut affirmer haut et fort que ces différentes thématiques théologiques n’ont rien perdu de leur actualité.     

     

Références bibliographiques

Quesnel M. 2008. Saint Paul et les commencements du christianisme. Paris, Desclée de Brouwer-Bellamin, 2008 ; 162p.

Marguerat  D. 1999. Paul de Tarse, un homme aux prises avec Dieu, Ed. du Moulin, 1999.

Spronck, J., 2008. « Saint Paul le théologien ». Article pour Eglise de Liège- octobre 2008.

 

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CHRISTIANISME, RACINE DES DROITS DE L'HOMME

RECENSION

 

LA PUISSANCE D’HUMANITE :

du néolithique aux temps contemporains

ou

LE GENIE DU CHRISTIANISME

 

AVANT PROPOS 

            En nous intéressant à cet exercice, nous n’avons nullement pas l’intention de nous livrer à une autre approche encore plus ardue à savoir, celle de l’intertextualité. A cet effet, nous  ne doutons  pas de laisser certains de nos lecteurs sur leur soif, eu égard  aux limites que peut présenter toute étude abordée par chacun de nos auteurs ! Voilà pourquoi d’une part, nous reprenons à la fin de chaque recension une bibliographie conséquente et d’autre part, nous venons de créer une plateforme d’échanges (dp.recension-jgr-@yahoogroupes.fr) pour aller plus loin quant aux opinions et/ou questionnements exprimés et relatifs à la problématique abordée.


INTRODUCTION          

                        Cet auteur l’affirme haut et fort qu’il n’est ni croyant et même pas   catholique. En ce moment ou certains s’agitent dans une manœuvre visant à encourager les débaptisassions, discours qui fait le lit de certaines croyances manipulatrices et extrémistes, cette analyse de reconnaissance du bienfait du christianisme, sortie de la bouche d’un intellectuel de haut rang est tout simplement encourageant, gratifiant et s’ajoute à cette puissance d’humanité qu’il défend!

            Livre d’Yves ROUCAULT, éd. François-Xavier de Gulbert, 2011, ISBN : 978-2-7554-0451-7, 440p. L’auteur est agrégé de philosophie, docteur d’Etat et agrégé de sciences politiques. Professeur des Universités  à la Faculté de droit de Paris X-Nanterre. Membre des cabinets ministériels, il est président du Conseil scientifique de l’INHEM.

 

I- CONTENU

        Par son livre, il raconte une histoire, il dit les valeurs universelles, l’histoire finalisée, le sens de l’incroyable odyssée de la puissance d’humanité depuis le néolithique jusqu’à nos jours. La clef de cette odyssée, il la trouve dans les grandes spiritualités humanistes : JUDAÏSME, HINDOUISME, BOUDDHISME, CONFUCIANISME, SHINTOÏSME, ISLAM. Et plus encore, dans le CHRISTIANISME.

 

         1.1.- a propos  de l’inhumaine humanité

 Pour cet auteur, on ne peut parler de sentiment d’humanité chez nos ancêtres du néolithique (entre 9000 et 3300 ANC) en passant par la protohistoire à l’âge du cuivre. C’est avec les temps contemporains, en refoulant la pensée  magico-religieuse qu’un semblant de sentiments d’humanité apparaît. D’ailleurs, le rituel anthropophagique au paléolithique et qui persiste au néolithique et à travers certaines pratiques telles que l’exocannibalisme et l’endocannibalisme n’étaient pas de nature à favoriser l’émergence d’un quelconque sentiment d’humanisation !

   

         1.2.- puissance d’humanité face aux trois idoles de la modernité


II- TEMOIGNAGE

        « Je ne suis pas catholique, mais qu’y puis-je si, à chaque découverte de l’intelligence, cette Eglise apparait plus admirable encore ? Faudrait-il avoir honte d’une spiritualité qui célèbre sans laxisme depuis des siècles la puissance d’aimer au nom de la puissance d’humanité ? La mode n’est pas de mon côté, le politiquement correct moins encore, seulement la recherche de la vérité »

        C’est en trois étapes que cet auteur met en évidence le génie du Christianisme ayant contribué d’une manière déterminante à définir les contours de cette puissance d’humanité : 

        è l’esprit chrétien de la Renaissance contre la Raison idolâtre ;

        è l’affrontement du christianisme à l’Etat idolâtre et des fausses lumières ;

        èet enfin, l’opposition du christianisme aux mercantilistes pour abolir l’esclavage et le colonialisme.

       

III-VISION HUMANISTE ET PORTEUSE DU SENS

        Un texte œcuménique, qui piste en même temps que les vraies valeurs Lumières, l’itinéraire de ces moines du Moyen Age qui sauvèrent le savoir antique contre les Barbares, de cette Eglise qui inventa la gratuité de l’école, les universités, la tolérance, la solidarité sociale, la paix d’humanité. Quelle merveille de voir le soutien chrétien aux sciences, Copernic compris, aux grandes découvertes, à l’inquisition même, parfois détournée, pour imposer le droit ! Enfin, se trouve rappelé l’esprit chrétien de la Renaissance, de l’abolition de l’esclavage, de la délivrance de Dreyfus et de l’opposition à la guerre14-18…

        Et le philosophe ne dit pas seulement le crépuscule des idoles de l’état, du Marché et de la Raison. Contre postmodernes et politiquement corrects, il salue les temps contemporains. Il exige d’aller plus loin, au-delà du juste et des droits, vers la fraternité, le développement durable, la paix d’humanité et la Cité de la compassion.

         Une façon de dire l’avènement de l’universel  Aimer.

         Ce livre raconte donc une histoire. A l’heure où les intellectuels de la droite païenne et de la gauche matérialiste n’ont plus rien à dire, sinon le relativisme, la fin des récits et la mort du sens, ce livre dit les valeurs universelles, l’histoire finalisée, un sens. Le sens de l’incroyable odyssée de la puissance d’humanité depuis le néolithique, de cet incroyable progrès moral qui semble emporter l’humanité vers elle-même, vers la fraternité.

        Contre toute une culture issue de la haine sociale du XIXe siècle, il l’affirme sans ambages : toute l’histoire de l’humanité, jusqu’à présent, n’a été que l’histoire de la conquête de son humanité.

        Certes, il est arrivé à nombre de chrétiens de violer cette exigence d’universel Aimer, mais condamne-t-on un groupement humain, nation, ethnie, cité, Eglise , corporation… pour ceux qui en violent les règles ? Que l’on me montre une autre spiritualité qui justifie d’engager la guerre juste non seulement pour se défendre soi-même ou les siens, mais pour libérer les autres, un peuple, une minorité, un individu humain, quand il n’est plus d’autres solutions ? Car pour la philosophie chrétienne, et c’est le signe de sa différence avec la haute spiritualité juive, tout humain souffrant est indistinctement un FALASHA , « un exilé » de la terre d’humanité. Que l’on me montre une autre spiritualité qui sache punir sans faiblesse, mais aussi tendre la main, au lieu de se venger quand le criminel regrette avec sincérité son acte ? Qui est capable d’aller au-delà des intérêts, du juste même, donnant sans contre-don à l’ennemi vaincu pour éviter de nourrir la haine et le conflit ?

        En ce début du XXIème siècle, ce rôle de l’Eglise est encore plus préoccupante et ce Pape que l’on attendait pas, Benoit XVI et ce, malgré les dures épreuves que traverse l’Eglise voudrait aller encore plus loin car, il cherche que son Eglise se soumette en plus à une sorte de purification fondamentale…, il s’agit selon lui de montrer Dieu aux hommes, de leur dire la vérité. La vérité sur les mystères de la Création. La vérité sur l’existence humaine. Et la vérité sur notre espérance, au-delà même de notre seule vie sur terre

 

IV- la puissance d’humanite sauve dreyfus  en affrontant le paganisme et l’ideologie antisemite de la gauche revolutionnaire

        En vérité, le christianisme ne fut pas le complice des crimes, mais son antidote affirme cet auteur Roucaute. Il sauva Dreyfus et s’opposa dès l’origine aux thèses antisémites et racistes développées dans la culture païenne et propulsées par les révolutionnaires socialistes qui inventèrent un antisémitisme et une christianophobie révolutionnaires au nom du peuple et de la race aryenne, conditions de leur projet révolutionnaire. La puissance d’humanité posa ainsi les jalons de ce qui allait lui permettre d’abattre les totalitarismes athées nés dans les caves de l’extrême gauche.   

        Dans ce livre l’auteur précise que quand l’être est réduit à l’avoir, quand le bien de la cité se mesure à ses richesses, quand les droits de l’individu effacent ceux de l’humain, l’être humain se mesure, il vaut, donc il ne vaut rien !  

        Le message du Christianisme qui se trouve résumé par « AIMER » en affirmant qu’en son fils, qui a assumé toute pauvreté en épousant la misère humaine, le salut déjà donné peut être accueilli par toute liberté. Il ne peut cependant y avoir liberté sans paix ! Comment alors penser la paix sans développement durable? Et comment penser le développement durable sans réorienter les œuvres de l’intelligence créatrice, scientifique, technique et pratique selon l’Aimer ?  

CONCLUSIONS

        Finalement, à vrai dire, la nouveauté du christianisme ne  pas à chercher ni dans ses rites et encore moins dans ses institutions, qu'il hérite d’ailleurs de son milieu d'origine, mais plutôt dans la proclamation que, par la mort et la résurrection de Jésus, Dieu a jugé le monde et qu'une nouvelle création a commencé. Ce que symbolise désormais les rites traditionnels du baptême et du repas sacré qui disent aussi leur efficacité actuelle comme l’affirme aussi Justin Taylor, dans son livre « d’où vient le Christianisme ? ». En tout cas, la réflexion de  l’historien et l’espérance du chrétien se conjuguent pour montrer que Dieu, autrefois moins vivant qu’on ne l’a cru, est aujourd’hui moins mort qu’on ne le dit !    La fin de la courte vie de Jésus, le Christ sur terre se résume par AMOUR et PARDON. L’amour l’a conduit à la croix, mais c’est sur cette même croix qu’en demandant pardon pour ses bourreaux, il transforme l’objet d’HUMILIATION, de HONTE, de HAINE et de VIOLENCE, la CROIX en un objet de VICTOIRE et de réconciliation des peuples ! Bref, pour Jésus, le Christ plutôt que de prendre la vie des autres, il préféra donner la sienne. Bref, toute église qui se dit de Jésus-Christ et qui n’applique pas ce principe fondamental de la chrétienté devrait se remettre en question.

        Ce qu’il faut retenir de ce livre est qu’à chaque dépassement de soi vers cet au-delà du juste, du pardon, de la compassion, vers cette clairière éclairée par les vraies lumières, devient une façon de retrouver le grand message de l’Abbé Guillaume de Saint-Thierry (1075-1148) et l’Abbé Pierre (né Henri Marie Joseph Grouès, 1922-2007) : « l’art des arts » est l’art d’aimer. Au fait, quand la clairière de l’Être se découvre à nous comme clairière de l’Aimer, il importe peu de savoir le nom donné à cet Aimer qui éclaire le monde.  

 

Bibliographie

Holbach (d’) P.H., T. 2006. Le christianisme dévoilé ou examen des principes et des effets de la religion chrétienne, Paris, Coda, 2006.

Kant, E., 1948. Projet de Paix perpétuelle, Paris, Vrin.

Riboni E. et Th. Paine, 2004. Les Crimes du Christianisme 2000 ans de crimes, terreur, répression : analyse d’Enrico Riboni (athée, libre-penseur) des textes  de Thomas Paine : "Croire en un Dieu cruel rend l'homme cruel"

Taylor J., 2011. D’où vient le Christianisme. Ed. Le Cerf « Lire la Bible » 208p.

Tresmontant, C., 1961.La métaphysique du Christianisme et la naissance de la philosophie chrétienne, Paris, Seuil, 1961.

        

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REFLEXIONS PHILOSOPHIQUES EXISTENTIALISTES SUR LA FOI

RECENSION

 "CREDERE DI CREDERE"

Ed. Original: Garzanti Editore, Milan

Garzanti Editore s.p.a., 1996; ISBN original: 88-11-65869-1

(UN LIVRE DE Gianni VATTIMO)

 

Traduit de l’Italien par Jacques DERRIDA sous le titre :

 « ESPERER  CROIRE ! »

Seuil, 1996.

I.-Introduction 

 1.1.- Qui est le Professeur Gianni VATTIMO ?           

            Pr. d’Herméneutique à l’Université de Turin (depuis plus de 30 ans) est aussi parlementaire européen. Né en 1936, G. Vattimo est considéré comme l’un des plus grands philosophes européens qui ont marqué les XX et XXIème siècles. Il est l’auteur, entre autres, de : LES AVENTURES DE LA DIFFERENCE (Minuit, 1985) ; LA FIN DE LA MODERNITE (Seuil,1987) ; LA SECULARISATION DE PENSEE (Collectif, Seuil, 1988), LA RELIGION : Séminaire de Capri (Collectif, avec Jacques DERRIDA, Seuil, 1996).

 

1.2.- Originalité de ce livre de G. Vattimo

            Quel peut être aujourd’hui le sens de l’espérance religieuse pour un philosophe herméneutique contemporain ? Un philosophe, connu pour sa réflexion particulièrement précieuse dans l’horizon de la « fin de la métaphysique »,Gianni Vattimo , pense que le principe de la sécularisation des sociétés modernes réside dans l’incarnation du Christ. Dans l’ « ontologie faible ou PENSEE FAIBLE», un concept dont il est l’auteur, il voit une transcription du message chrétien pour l’époque actuelle.

            L’originalité de ce livre de philosophie est qu’il est écrit à la première personne. Il y a donc aussi une part autobiographique. L’ «ontologie faible» dont il est question est en effet profondément enracinée dans l’expérience personnelle de l’auteur, qui a pris le risque de s’engager directement dans son discours. Catholique  « non militant », il s’emploie à une déconstruction ironique des prétentions de l’Eglise, déconstruction motivée et guidée exclusivement par le principe positif de l’amour du prochain.

 

II.- qu’est-ce que la pensée faible de Gianni Vattimo?

2.1.- Quelle est l’image de la rationalité dans cette pensée ?

                       En effet, la pensée philosophique de Gianni Vattimo, comme l’a longuement étudié Fr. Onorino Rota (2003) est synthétisée dans la formule « PENSEE FAIBLE ». Pourquoi pensée faible ? Parce que nous nous trouvons à la fin de l’aventure métaphysique de la pensée ; parce que la pensée ne peut pas exhiber cette force qu’on a toujours cru devoir  lui attribuer au nom de son accès privilégié comme fondement de l’être. Ce qui change, en synthèse, c’est l’image de la rationalité. Surêment l’expression pensée faible est la plus caractéristique pour parler de la philosophie du philosophe de Turin. Il l’appelle aussi « ontologie du déclin », « ontologie décadente » et « ontologie faible ». Bien que Vattimo se différencie d’autres post-modernes, il décrit sa pensée à l’intérieur de la post-modernité.

            L’auteur considère Nietzsche et Heidegger comme les précurseurs de la philosophie post-moderne. Les théorisations de la pensée post-moderne ont acquis vigueur et dignité philosophique seulement avec la contestation nietzschéenne de  l’éternel retour et la provocation heideggérienne du surpassement de la métaphysique. La raison principale pour laquelle Nietzsche et Heidegger sont considérés comme les parents de la pensée post-moderne est surtout que pour tous les deux l’idée de fondement, qui avait été essentielle tout au long de l’histoire occidentale disparait. Non seulement les fondements métaphysiques disparaissent, mais aussi tout autre fondement. Selon Heidegger, par exemple, le fondement est remplacé par l’événement (erignis). Chez Heidegger et Nietzsche l’idée de l’histoire comme processus unitaire se dissout donc. Tout cela, selon Gianni Vatimmo, entraîne un affaiblissement de l’être.

 

2.2.- Quelles idées caractérisent cette « PENSEE FAIBLE » ?

            G. Vattimo caractérise la pensée faible par quatre idées principales : la première concerne le fait de prendre sérieusement l’idée nietzschéenne et peut-être marxiste de la connexion qui existe entre évidence métaphysique et les relations de dominance à l’intérieur et à l’extérieur du sujet ; la seconde veut jeter un regard ami et sans angoisses métaphysiques sur le monde des apparences, des procédures discursives et des formes symboliques, voyant en elles le lieu où faire une possible expérience de l’être ; une troisième idée, en rapport avec la précédente, invite à ne pas tomber dans la glorification de Deleuze, ce qui équivaudrait à retourner à un ontos on : finalement , une quatrième idée souligne qu’il faut considérer l’être et le langage, que l’herméneutique emprunte à Heidegger, non comme une manière de rencontrer (à nouveau) l’être originel et vrai, duquel il a oublié la métaphysique, mais plutôt comme une manière de rencontrer le vrai et l’être comme des empreintes, des souvenirs d’être fragilisé.

 

2.3.-Quelles critiques  pour cette manière de voir?

            Gianni Vattimo parle d’une ontologie du déclin. En quoi consiste cette ontologie ? L’ontologie du déclin n’a rien à voir avec une sensibilité pessimiste ou décadente, même pas avec ce que nous appelons le déclin de l’occident. Telle ontologie se forme, non pas tant sur l’objectivité immobile des objets de la science, mais sur la vie, qui est jeu d’interprétation. En l’ontologie faible, l’être n’est rien d’autre que ce qui arrive.

            On peut élucider davantage en disant que Vattimo présente la pensée faible comme des pratiques, des jeux ou des techniques localement valables comme différents langages de la raison. La vérité s’atteint à travers des manières de procéder ; la vérité a cette manière d’arriver. Le philosophe de Turin suit les traces de Nietzsche : « IL N’Y A PAS DE DONNEES, IL Y A SIMPLEMENT DES INTERPRETATIONS » « Le monde vrai à la fin s’est converti dans une faible. »

 

 III.- mais à quoi serait restreinte la philosophie ?

            La philosophie se réduirait à nous enseigner et nous et à nous déplacer dans la confusion  de ces messages, en vivant chaque message singulier et chaque expérience singulière dans son indissoluble lien avec tous les autres, et aussi dans sa continuité avec eux ; le sens de l’expérience dépend de cela. Une autre question qu’on ne peut pas éviter est la suivante : quel est le rapport entre pensée faible et praxis ? La pensée faible ne courrait-elle pas le risque d’une totale passivité ? Notre auteur se rend compte de ce problème. Sa réponse semble indéterminée. Il soutient que d’une pensée-souvenir est « un projet qui peut justifier l’engagement. »

 

3.1.- Quel rapport peut-on tracer entre la « pensée faible » et le relativisme herméneutique ?  

            Il s’agit du vrai problème, encore aujourd’hui, de la koiné herméneutique : il s’agit de trouver un règlement de comptes radical avec l’historicité et la finitude de la précompréhension. Ce que réduit l’herméneutique à la philosophie générique de la culture est la prétention de toute métaphysique de se présenter comme une description finalement vraie de la structure interprétative de l’existence humaine.

            Les raisons de préférer une conception herméneutique à une conception métaphysique se trouvent dans l’héritage historique pour lequel nous risquons une interprétation  et à laquelle nous essayons d’apporter une réponse. L’exemple le plus clair de cette manière d’argumenter est l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu, qui n’est pas une manière d’exprimer poétiquement par des images une thèse métaphysique, Nietzsche ne prétend pas dire que Dieu est mort parce que nous sommes finalement d’accord qu’il n’existe pas objectivement, mais parce que la réalité est telle qu’il en devient exclu.

 

3.2.- Quel a été le rôle d’un dieu métaphysique ?

            Le Dieu de la métaphysique a été nécessaire pour que l’humanité organise une vie sociale ordonnée et sécuritaire qui ne soit pas continuellement exposée aux menaces de la nature – combattues victorieusement avec un travail social hiérarchique et ordonné – et des pulsions internes – domptées par une morale sanctionnée religieusement. Mais aujourd’hui, cette œuvre de sécurisation est pratiquement conclue. Nous vivons aussi dans un monde social formellement ordonné, disposant d’une science et d’une technique qui nous permettent d’être dans le monde sans ressentir les peurs de l’homme primitif. Dans ces conditions Dieu apparaît comme une hypothèse très éloignée, barbare, et excessive. En outre, ce Dieu qui a fonctionné comme principe de stabilisation et de sécurité est aussi celui qui a toujours interdit le mensonge.

            L’évocation de l’annonce nietzschéenne nous approche aussi de la thématique du nihilisme. Si l’herméneutique, comme théorie philosophique de caractère interprétatif de toute expérience de la vérité, se pense d’une façon cohérente seulement comme interprétation, est-ce qu’elle ne se trouvera pas inévitablement emprisonnée dans la logique nihiliste, qui est propre  à l’herméneutique du Nietzsche ? En d’autres mots : il ne semble possible d’essayer la vérité de l’herméneutique qu’en se la représentant comme une réponse à une histoire de l’être vue comme élément  du nihilisme.

            Nietzsche avait fait la relation entre la théorie de l’interprétation  et le nihilisme. Nihilisme signifie chez Nietzsche  la « dépréciation des valeurs suprêmes » et la fabulation du monde. Il n’existe pas de faits, mais simplement leur interprétation . Jusqu’à présent les philosophes ont cru à la possibilité de décrire le monde, maintenant, le temps de l’interpréter est arrivé.

 

IV.- et la question religieuse ? « Dieu » et la modernite? 

4.1.- Le concept de Dieu

            Le point décisif de la question de Dieu traverse le territoire de la théologie contemporaine, en la rendant paradigme d’une nécessité et d’une instance. Cette nécessité a à voir avec la raideur métaphysique croissante de la pensée  théologique ; il s’agit d’une instance de réflexion capable de faire émerger le caractère insaisissable du concept de  Dieu comme condition de la pensée de la différence.

            Un élément encore plus puissant concerne l’impact de la sécularisation. Il jette de la lumière sur la compréhension du mystère adoptée par l’objectivisme théiste. Il ne pouvait que tomber dans l’indétermination anthropologique de la révélation  et dans son indifférence par rapport aux questions de l’existence.

            Autrement dit, le renversement référentiel du nom Dieu, dont le soupçon d’insignifiance et de signifiance aliénante conduit à un vide du nom en soi, fait émerger l’idée que la crise de la modernité, au seuil de la contemporanéité, porte en soi, comme conséquence, l’impossibilité de penser Dieu. Pour utiliser une expression de KARL RAHNER ? UNE TÄCHE NOUVELLE REVIENT A LA THEOLOGIE ACTUELLE : celle de prendre « avec une grande rigueur la tragédie de l’homme moderne qui expérimente (bien que de manière erronée) l’absence de Dieu. » A tout ceci on doit ajouter encore le changement de paradigme des questions de Dieu pour l’histoire et  pour la société.

 

4.2.- Hypothèse d’une interprétation « non religieuse » de Dieu

            Il vaut la peine de se poser la question de la nécessité de Dieu dans le monde ! Cela mettrait alors en évidence la perspective de l’expérience humaine, lorsqu’on parle et quand on doit parler de Dieu. Peut-on encore revendiquer le mot Dieu ? Dans ce sens, le théorème de la sécularisation peut signifier le tracé et le chemin d’une recherche capable de montrer que le terme Dieu nous est présenté comme proposition et comme exigence de réponse aux questions primordiales de l’homme sur le fondement et sur le sens ultime de son existence et de sa réalité. La perte du sens de la transcendance conduit à une dialectique  prométhéenne d’émancipation. Elle devient métaphore d’un projet anthropocentrique qui semble incompatible avec une histoire du salut.

 

4.3.- Christianisme, point de non retour à la modernité

            Le cœur de la question démythologisante de la sécularisation déplace l’interrogation d’une certaine manière : puisque l’homme est celui qui fonde l’acte du sens, puisqu’il est la source de signification de son propre agir, il est encore important de s’interroger sur le fait de renoncer à Dieu. Ou, s’agit-il simplement du congé du Dieu de la métaphysique, garant d’un cosmos apparent et inadéquat à l’émergence du chaos et au désir créatif de l’homme ? En un certain sens, dans un monde qui s’est rendu adulte, une religion basée sur la métaphysique est incapable de rendre compte du réel et du signifier dans sa quête de sens. L’attachement excessif à la terre et le désir de participer au destin du monde finissent par déboucher sur une interprétation non religieuse de Dieu, a-théiste. Pour cette raison, un Dieu conçu religieusement débouche sur une religiosité de consolation  et anachronique pour un monde adulte.

 

4.4.- Métaphysique, Kénôse et  sécularisation dans ce livre

             Gianni Vattimo est convaincu que le message du christianisme est de se séculariser, au moins en ce qui concerne la prise de distance du sacré par rapport à la violence, les victimes sacrificielles  et les systèmes des civilisations primitives. En ce sens, une lecture authentique du christianisme passera nécessairement par la sécularisation. Pour Vattimo, le rapport sécularisation-religion, et dans ce cas il faut comprendre le christianisme, est malgré son ambiguïté un point  de non-retour de la modernité. En effet, il affirme qu’ : « à la lumière du salut comme événement qui réalise toujours plus pleinement la kénôse, l’abaissement de Dieu, et qui dément ainsi la sagesse du monde, c’est-à-dire les songes métaphysiques de la religion naturelle qui pense comme l’absolu, omnipotent, transcendant, autrement dit comme l’ipsum esse (metaphysicum) subsistens-, la sécularisation, c’est-à-dire la dissolution de toute sacralité naturaliste, est l’essence même du christianisme ».

 CONCLUSION

            L’avènement du nihilisme, selon cette optique, et l’évènement de la mort de Dieu accomplissent  le processus de sécularisation  au moyen d’une irréversible et progressive fragilité-déclin des structures fortes de la pensée occidentale. L’impact de la sécularisation est donc responsable de la dé-potentialisation de la violence métaphysique de l’identité, en permettant l’émergence de la différence comme clé interprétative de l’histoire.

            Pour conclure, Il me plaît de paraphraser cette sommité de nos philosophes qui ont marqué les XX et XXIème siècles qu’est  G. Vattimo : il n’y a plus aujourd’hui de raisons philosophiques plausibles et fortes d’être athée, ou du moins de rejeter la religion ! Pour lui et certains d’autres philosophes, le rationalisme athée avait revêtu deux formes : la croyance dans la vérité exclusive des sciences expérimentales de la nature et la foi dans le développement de l’histoire vers une condition où l’homme se serait pleinement émancipé de toute autorité religieuse.  Mais ce qui arrive aujourd’hui, c’est que la croyance dans la vérité « objective » des sciences expérimentales tout autant que la foi dans le progrès de la raison vers sa pleine lumière apparaissent, précisément, comme des croyances dépassées.

 

Bibliographie

1.- J .P. Sartre, 1960. Critique de la raison dialectique, Paris, Gallimard,1960

2.- Nouveau Testament, St. Paul, Epître aux Philippiens 2, 7.

3.- Fr. O. Rota, 2003. Caractéristiques et ouvre un dialogue entre foi, culture et science, 3p.

4.-G. Vattimo, 1985. Introduction à Heidegger, trad, J. Rolland, Paris, Ed. du Seuil, 1985.

5.-G.Vattimo, 1991.Introduction à Nietzsche, trad. F. Zanussi, Bruxelles, De Boeck-Wesmael, 1991.                                        

Posté par eurocebadac94 à 08:15 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

IMMIGRATION ET ECHECS SCOLAIRES EN BELGIQUE

 

 

QUELQUES  PISTES  DE  REFLEXION  SUR  LES  ORIGINES  ET  LES CAUSES  D’ECHECS  SCOLAIRES  EN  HAUSSE  CHEZ  L’ENFANT  ISSU  DE  L’IMMIGRATION  EN BELGIQUE

 

Présenté par

Muzigwa  KASHEMA J.-Gratien (¤)

Chercheur enseignant

Directeur du Centre  CEBADAC

Rue Victor Carpentier, 4

B-4020 Liège

E-mail : kashjustin@yahoo.fr

Résumé 

L’école n’inspire plus confiance aussi bien aux parents qu’aux enfants. Le pouvoir organisateur se retrouve parfois dépassé par la dégradation des conditions de travail dans certains établissements. La violence et le désintéressement (de la passivité) des enfants minent le système éducatif d’aujourd’hui ! En France par exemple, l’inquiétude du pouvoir organisateur porte surtout sur cette passivité de nos enfants.

 

Comme toujours, les mouvements sociaux ont toujours pris les pas sur les lois et les reformes institutionnelles. Si tel est le cas, comment l’Etat va-t-il gérer tous ces marginaux qui ont tourné, depuis longtemps, le dos au système éducatif en général ?

Certaines catégories de notre société y échouent plus que d’autres. Existent-t-ils certaines causes de ce désintéressement quasi généralisé que l’Etat ou le pouvoir organisateur ne peut contrôler ?

 

Peut-on sauver le meuble avant que l’Etat ne prenne conscience de ce mal profond qui ronge notre société ? Pour répondre à certaines de nos préoccupations, notre analyse porte sur les origines et les causes de frustration et/ou d’échecs scolaires d’enfants issus de l’immigration subsaharienne en Communauté française de Belgique.

 

Mots clés : Echecs scolaires, enfants immigrés, Belgique

Phrase clé: Responsabilité partagée face à ces échecs.

 

Introduction

L’école accueille l’enfant au moment ou il découvre « la réalité de l’existence » d’autrui et ne le libère qu’à l’âge adulte ou peu avant, au moment, ou il découvre, en tout cas, la tridimensionnalité de notre monde qu’on peut synthétiser comme suit :

 

 

 

 

 

 

 

Fig.01: Environnement tridimensionnel pour une pédagogie durable

 

L’élève y passe plus de la moitié de ses journées et les types de relations qu’il y établit déterminent, dans une large mesure, ses attitudes et ses comportements sociaux. Malheureusement, les résultats de notre enquête (2002, 2003 et 2004) avec l’aide de nos élèves montrent qu’on est confronté à 9 formes de violence dans nos milieux scolaires. Il s’agit des formes de violence suivantes :  

1-verbale

2-physique

3-philosophique (morale, philosophique, spirituelle et politique: cas d'une pensée unique qu'on peut entretenir dans certaines écoles)

4- vestimentaire (tenue légère qu’on imposerait aux enfants par intérêt personnel)

5- artistique (les tags, certains artistes qui exhibent des oeuvres obscènes);

6- symbolique (La croix gammée, le signe nazi etc.)

7- échologique (son qui ne respecterait pas le nombre de décibels recommandés);

8-écologique (Pollution: versement d'huiles dans les égouts)

9- gestuelle ou mimique (certains gestes qui tuent ou énervent par les doigts ou la main);

 

Comme l’autorité de l’adulte présent dans une classe n’est plus régie par le seul fait d’être professeur et que tout dépend surtout pour ses élèves de son charisme (Rey, 2005), dans certaines classes, l’enseignement n’est plus possible ! Comment dans ces conditions, comme le disait Bentolila (2004), faire de tous les élèves des résistants intellectuels capables de rigueur et de discernement ? La valeur de nos vies ne dépend-elle pas de ce qu’auront été nos efforts pour leur donner le goût d’apprendre avec exigence et de partager avec bienveillance ? Que ferions nous pour qu’aucune complaisance ne soit tolérée ni envers le repli corporatiste de certains enseignants, ni envers l’indifférence  de certains parents, ni, surtout, envers le cynisme de certains responsables politiques et administratifs de nature à clochardiser les parents de quelques origines soient-elles !

Certaines écoles sont plus frappées que d’autres. L’on peut alors comprendre, pourquoi dans certaines communes, certains parents font des kilomètres pour inscrire leurs enfants dans ces établissements où règne encore un semblant de pureté d’esprit, propre à cet âge-là. Cette même logique, soutiendrait la création des écoles secondaires consulaires dans certains pays.

Dans cet environnement, l’action du pédagogue (j’évite le terme banalisé d’éducateur dans plusieurs écoles), est nécessaire pour des raisons psychologiques et pédagogiques. Malheureusement, il y a très peu de pédagogues dans nos écoles! Au cours du cursus scolaire de l’enfant, l’éducateur et/ou pédagogue en exerçant son rôle d’une manière objective, permet à l’enfant de s’inscrire dans le schéma ci-dessous  et d’y faire du bon choix (Muzigwa, 2005) :  

 

     Fig.02 :Ancrage contextuel pour un choix judicieux et déterminant

Nombreux auteurs sociologues et psycho-pédagogues (De Landsheere, 1976, Yates, 1979, Arquès, 2003 et Pétitat, 2004)  soulignent l’importance de cette catégorie du personnel éducatif et  regroupent leur rôle en trois  fonctions :

Primo, sur le plan préventif, en empêchant, par exemple, qu’un enfant ne devienne la victime d’un groupe qui le rejette, pour des raisons qu’il importe d’ailleurs de déterminer ;

Secundo, curatif, en combattant, avant qu’elles ne soient fixées pour la vie des attitudes peu souhaitables ;

Tertio, constructif, en favorisant l’épanouissement maximum des individus et des groupes.

Cette violence plus visible dehors est perceptible aussi en classe si bien que certains professeurs avouent ne plus être à mesure d’enseigner et/ou de transmettre le savoir. Le débat qui s’engage soutiendrait que l’introduction  substantielle des NTIC (nouvelles techniques d’information et de communication) dans l’éducation (au cours d’une leçon) réduirait considérablement cette inquiétude des professeurs (Pelgrum et Law, 2004). D’autres pensent même qu’une cours de recréation et une classe sous surveillance camera, permettrait de confronter certains enfants  à leurs actes. Ce dispositif aiderait énormément au maintien de l’ordre et au respect de quelques consignes, règlements et même pour identifier les auteurs des actes de vandalisme enregistrés, ce dernier temps, sur les établissements scolaires . 

Hormis les qualités et les défauts dont serait porteur chaque enfant qui débarque dans une école, il faut reconnaître que l’école n’est plus ce lieu paisible où se transmet le savoir dans une quiétude la plus totale (Louis, 2004).

Nos enfants, bons ou mauvais, intelligents ou pas doivent désormais affronter trois virus qui rongent nos établissements scolaires belges, à savoir :

1-                 le manque de moyens (insuffisance de budget alloué aux établissements) ;

2-                 la violence (Munten, 2001 et Muzigwa 2003)

3-                 le désintéressement des enfants aux méthodes pédo-psycho-éducatives qui leurs sont proposées, en un mot, la Didactique actuelle n’est plus adaptée, à l’évolution de la mentalité de nos gosses (Lieury et de la Haye, 2004). Il nous faut repenser une pédagogie active associant l’image, l’intérêt à l’utilité et à la pratique. En un mot, l’école doit apprendre à créer. Sacks (2004) affirme que dans les sociétés contemporaines et à venir, la créativité doit devenir  un impératif de tout système éducatif. Au fait comme le confirment Fusulier et Mangez (2005) , nous sommes à la recherche d’un nouveau système de valeurs pour l’école, voire d’un nouvel état des rapports sociopédagogiques.

D’autres chercheurs s’intéressent déjà à ce qu’il convient d’appeler, la Pédagogie différenciée (Rey et Kahn, 2005) dans une Conférence débat annoncée pour le 19 du  mois de novembre 2005.

D’aucun penserait que les trois points se résument en un manque de moyens ! Mais une autopsie de cette problématique laisse voir que quelque soient les moyens qu’on allouerait aux écoles, la violence étant liée à certains paramètres incontrôlables par le pouvoir organisateur, elle reste difficile à endiguer de nos écoles.

Certaines écoles sont même devenues les lieux où se tisse le maillot de la violence urbaine, d’où partent les idées qui alimentent les différentes Associations des malfaiteurs qu’on comprend mieux  dans deux  schémas ci-dessous (Muzigwa, 2003 et 2005) :

 

Fig. 03 : Orientation des actes de violence

 

 

  Fig. 04 : Réseau d’associations de malfaiteurs

 

Nous savons que les aptitudes quelque brillantes qu’elles soient, ne suffisent pas à assurer le succès scolaire : l’équilibre de la personnalité et les intérêts jouent, en ce qui concerne la communauté d’origine congolaise par exemple, aussi un rôle important.

De Landsheere, 1979, citant Mauco, confirme qu’il est d’ailleurs, d’observation courante que, parmi les élèves qui réussissent mal à l’école, beaucoup possèdent un quotient intellectuel élevé. Il signale notamment que 80% des élèves qui consultent les Centres Psychopédagogiques ont un niveau mental normal (100) ou supérieur à la moyenne.

 

En parlant de nos enfants, il faut reconnaître qu’il existe quatre catégories dans leur étape d’études secondaires :

 

1-Ceux qui ont réussi toute option confondue avec des moyennes très faibles (pour plusieurs raisons)

2-Ceux qui ont tout simplement abandonné entre la 3ème et la 5ème année (sous étape à haut risque)

3-Ceux qui redoublent en passant par les Ecoles de promotion sociale ;

4-Ceux qui ont bien réussi leur secondaire avec un peu plus de 65%, toute option confondue ;

 

S’agissant de la IIème catégorie, il nous faut un peu plus de temps pour décortiquer les causes de leur abandon quand bien même ils ont été orientés dans des options de récupération.

Loin de flatter mes compatriotes d’origine congolaise et vous brosser une analyse tronquée, je m’en voudrais de ne pas souligner en premier lieu :

 

- le contexte familial : dès la conception, aux premiers mois de vie de cet enfant. Aujourd’hui, les dernières recherches en néonatologie confirment que l’enfant est présent dans sa famille dès la 12ème semaine de la grossesse. Bref, il grandit et développe déjà certains organes et sensibilité en subissant tout son entourage et le climat familial existant. A ce répertoire, il faut ajouter le type de régime alimentaire  de la maman et les émotions auxquelles elle peut être soumise et que l’enfant encaisse, ipso facto !

 

- en second lieu, le choix de crèche et de l’école maternelle : c’est le lieu où les premières frustrations sont subies au contact avec le monde extérieur (Mangez et al., 2002). N’a-t-on pas vu dans certaines écoles maternelles, à la présentation des enfants, tous pleurant, voir certaines monitrices préférer serrer dans leurs bras certains enfants abandonnant d’autres à leur propre sort alors que les parents de deux catégories d’enfants s’éloignent ! 

 

- Ces frustrations s’accentuent surtout lorsque cet enfant se trouve minorisé et rejeté par d’autres à cause, parfois de la couleur de sa peau, sa présentation ou son comportement.

 

- Ce fossé se creuse davantage lorsqu’on en vient aux objets (accès, fréquence et diversité) des jeux et jouets de la découverte des couleurs, de la tridimensionnalité et de l’utilité des objets et/ou du monde qui nous entourent.

 

- Que dire alors si à ce niveau, les parents sont totalement débordés qu’ils ne peuvent consacrer quelques minutes de jeux et/ou de dialogue à cet enfant qui a vécu des scènes et gestes d’exclusion et des frustrations toute la journée !

 

A ce premier niveau, une première évaluation peut se faire pour reconnaître, que cet enfant passe en dernière maternelle avec un déficit de connaissances (ou de désintéressement), eu égard au savoir de la découverte de l’autre, des couleurs, de la forme et de l’utilité des objets qu’il côtoie au quotidien.

 

L’étape suivante, celle de l’école primaire est presque pareille avec des variantes comme : argent de poche ou pas, le style d’habits et de modes de chaussure que porte l’enfant pour se faire adopter ou non par les autres élèves.

 

L’adoption de l’élève par ses professeurs passe par d’autres paramètres tels que : la régularité de l’enfant aux cours ; l’ordre et la propreté dans ses documents scolaires ; la fréquence des parents aux réunions des parents et l’intérêt que les parents manifestent aux annotations  de l’école. 

 

Les parents et les éducateurs devraient accepter notre axiome  qui tend à affirmer que « le développement du psychique est à l’intelligence de l’enfant ce qu’un catalyseur est à une réaction chimique ».

 

Conclusions et suggestions

Vers une  autre approche de recherche sur ces enfants issus de l’immigration

Jusque là, le type de recherche mené sur nos enfants est du genre nomothétique qui ne peut déboucher que sur des lois générales et tend donc à présenter, par exemple, un enfant abstrait (statistique) tandis que la méthode historique s’attache à l’individu dans tout le concret de son existence. L’éthologie se rattache nettement à ce second type de recherche.

-au pédagogue ou éducateur impliqué dans le quotidien de ces enfants issus de l’immigration

Ce qui devrait intéresser le pédagogue agissant , ce n’est pas tant l’enfant abstrait que décrivent beaucoup les psychologues, mais bien un enfant particulier (issu de l’immigration avec ce que tout ceci implique) dans sa relation avec le milieu souvent dans sa relation : dans un groupe scolaire.

Comment cet enfant se comporte-t-il ? Qu’est-ce qui détermine la qualité et les modes de ses relations avec son entourage humain ou physique ? Pour répondre à ces questions, l’observation directe s’impose d’autant plus que l’enfant est jeune ou que l’on a affaire (souvent culturellement) à un individu éprouvant des difficultés dans la communication verbale.

 

-au chercheur psycho-pédagogue

Le jeune enfant issu de l’immigration, comme tout autre enfant d’ailleurs, ne peut remplir de questionnaire, formuler les conclusions de son introspection. A cet âge, leurs expressions faciales, les gestes, les postures, les fixations visuelles, jouent un rôle important et constituent l’essentiel de la communication chez les petits (De Landesheere ,1976).

Mais de même que l’anthropomorphisme nous menace lorsque nous observons les comportements d’un animal, de même l’adultomorphisme guette à chaque instant l’observateur de l’enfant. Il ne faudra donc pas que les motivations, les émotions, les intentions que l’on croit percevoir soient tout simplement la projection des désirs et des théories du chercheur (Mialaret, 2004).

Pour se prémunir contre pareilles distorsions, l’éthologiste rendra compte de ses observations en ne notant que des comportements observables, en ne décrivant que des activités. Bref, ces deux méthodes devront être complémentaires dans l’intérêt de ces enfants, l’efficacité et l’objectivité  des résultats.

 

-à l’enseignant de ces enfants issus de l’immigration

Il est vrai que l’étude de la personnalité appartient au domaine des psychologues spécialisés. Néanmoins, l’enseignant averti, qui est en contact quotidien avec cette catégorie d’enfants se trouve dans une situation privilégiée pour l’observer et ne peut d’ailleurs l’éduquer sans tenir compte de son caractère. De ce fait, le dialogue entre psychologue n’est possible que si l’enseignant  a une bonne formation psychologique.

 

- au décideur politique belge: 

L’état belge doit savoir que la plus part des enfants issus de l’immigration n’ont plus rien avoir avec les pays d’origine de leurs parents. Ces derniers ont accepté et enduré certains cas d’exclusion et d’injustices parce que jusqu’au dernier jour de leur vie, ils y  ont gardé des attaches et ont même travaillé  dans ces pays-là.

Par contre, cette génération d’enfants, qui subit parfois d’actes d’exclusion de plein fouet et qui n’attendent rien d’ailleurs pourraient être une bombe à retardement pour l’Etat belge si un très grand nombre d’entre eux continuent d’abandonner, d’une manière précoce, sans aucun dispositif de récupération, leurs études secondaires. Un exclu ne peut qu’engendrer un exclu ! Véritable paradoxe car aucun pays n’a déjà exigé un « certificat de bonne vie et mœurs » comme préalable à toute procréation ! En d’autres termes, même l’enfant d’un exclu a droit de bénéficier d’un cadre qui lui assure un avenir meilleur.

Pour ceux qui ne le savent pas, il y aurait, semble-t-il, une relation de cause à effet, entre cette recrudescence de violence urbaine, le taux de suicide des jeunes  en France et le taux d’abandon scolaire dans certaines villes !

De cette étude, il se dégage   sept  constats suivants :

= il est grand temps que l’employeur (c’est-à-dire, les opérateurs économiques de ce pays) et les  décideurs politiques réalisent qu’ils ne garantissent pas la sécurité des biens et des personnes, aujourd’hui et demain, si ce mécanisme d’exclusion à l’embauche continue à frapper surtout les familles de ces belges issus de  l’immigration ;

= le pouvoir organisateur doit davantage investir en prévention (en matière de sécurité dans les écoles) ;

= plus qu’hier, le rôle éducatif doit être assuré dans une synergie avec d’autres institutions éducatives ; l’environnement familial, scolaire et autres sont condamnés, à travers leurs différentes démarches, à assurer les meilleures chances de réussite des enfants (Kakoma, 2004).

= la société (c’est-à-dire l’état) attend beaucoup de la responsabilité de l’enseignant  et des parents eu égard à la motivation de ses élèves et de leurs enfants respectivement.

= les parents de certaines cultures doivent prendre conscience du fait que veiller et soigner une maman qui attend est un investissement à long terme dans le type d’homme que deviendra cet  enfant qu’ils veulent donner à notre société ;

= éviter au maximum les risques liés  à la téléculture : la plupart des programmes, pour accrocher, véhiculent l’arbitraire et l’illusoire ; ils transmettent une sorte de culte de la prévisibilité ; on fait croire à ces innocents qu’ils peuvent avoir une prise sur le futur et dans l’immédiat comme ça se passe au petit écran ; le conformisme absolu de l’intrigue sont là quelques maux présents chez tous ces enfants souvent abandonnés des journées et nuits entières devant le petit écran (Bentolila, 2004).    

= une recherche sur les nouvelles méthodes d’enseignement (pédagogie plus active et réaliste) eu égard aux besoins de la société et des exigences de nos enfants ;

 

 Référence bibliographiques 

 Arquès P., 2003. Le harcèlement dans l’enseignement : Causes, Conséquences- Solutions (Questions contemporaines). L’ Harmattan , 287p.

Bentolila, A. 2004. Tout sur l’Ecole. Edit. Odile Jacob. 271p.

De Landsheere, G. 1976. Introduction à la Recherche en éducation. IVème édition. Ed. G. Thone-Liège.403p.

Fusilier, B. et Mangez, E. 2005. RECHERCHES SOCIOLOGIQUES, 2005/2-3. L’emprise culturelle de l’entreprise ? L’exemple de la réforme du premier cycle de l’enseignement secondaire, 171-186.

Kakoma, J.B.,2004.Difficultés rencontrées par les élèves immigrés d’origine congolaise dans le système éducatif belge. Quelles propositions remédiatrices ? Compte rendu d’une journée de Colloque organisé par le Collectif EBENE PLUS à Liège, le samedi, 30 octobre 2004 à l’Auberge de la jeunesse à Liège.56p.

Lieury A. et De la Haye F., 2004. Psychologie cognitive de l’éducation. LES TOPOS, Edit. DUNOD, 119p.

Louis ,J.-M., 2004. Communiquer avec les ados… sans les mettre à dos. Ed. Presses de la Renaissance, Paris, 23p.

Mangez E., Joseph, M.  et Delvaux, B., 2002. Les familles défavorisées à l’épreuve de l’école maternelle : Collaboration, lutte, repli, distraction. CREISIS-UCL, Ed. G. Liénard, 133p.

Mialaret G., 2004. Les méthodes de recherche en science de l’éducation. P.U.F. Edit. que sais-je ? 127p.

Munte, J. 2001. COMPRENDRE ET PREVENIR LA VIOLENCE A L’ECOLE. Vers un référentiel critique des mesures actuelles de prévention et de lutte contre la violence scolaire. »Inventaire des mesures de prévention et d’éradication des causes de la violence scolaire en Communauté française et dans d’autres pays «  (Rapport final -Recherche en éducation 69/00), 52p.

Muzigwa K., 2003. Violence scolaire, pépinière et relais des associations de malfaiteurs : Quel « cocktail molotov » de notre société. Publication du CEBADAC, 12p.

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Yates, A., 1979. Le regroupement des élèves en éducation. Préface de L. Legrand. Ed. Labo (Bxl.). 201p.


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                (¤) Chercheur enseignant

International Research Center

   and Study Area (CEBADAC)

                 Senior research associate

                  Rue Victor Carpentier,4

               B- 4020 Liège

Tél : +32 484 591814 ;+32(4)3441551

E-mail : kashjustin@yahoo.fr; eurocebadac@yahoo.fr

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10 février 2012

RUEE SUR LES TERRES AFRICAINES: Non assistances aux personnes en danger

 

CONFISCATION OU EPISODE bis  DE LA RECONQUETE DES RICHESSES DE L’AFRIQUE:
Razzia ou mains basses sur les terres africaines fertiles et arables

Par
Muzigwa K. J.Gr.
International Research Center,
Study and Short Training Area
Belgium antenna
Rue V. Carpentier,4
B-4020 LIEGE

RESUME
              Depuis deux ans, le Centre CEBADAC tire une sonnette d'alarme au vu d'une nouvelle pratique tendant à tirer profit des terres africaines fertiles et arables, au détriment de la population locale. Par cet article, nous interpellons l'OMC, la FAO, l'OUA , l'ONU, la Banque mondiale, le FMI et d'autres institutions internationales face ces pratiques qui prennent de plus en plus de l’importance sans que les élus (sénateurs, parlementaires et autres leaders politiques) ne la dénoncent ou ne s’en inquiètent.  

ETAT DE LA QUESTION

Le correspondant du journal international, "Le Monde" (cf. article mis à jour  15/06/2009, 18H04' à Bruxelles ), M. Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation vient de nous donner raison, en demandant que cette question soit mis à l'AGENDA de la prochaine Conférence  de G8. En effet, monsieur Olivier de Schutter, parlant de "LAND GRABBING" dénonce qu'il y aurait à ce jour: 15 à 20 millions d'hectares achetés par les pays riches dans des pays pauvres. La Chine aurait  acheté 2,8 millions d'hectares dans la RDCongo pour y exploiter la plus grande exploitation mondiale d'huile de palme dont la Chine a besoin. On estime qu'en 2030, cette privation (arrachement) des terres aux africains atteindra le chiffre de 120 millions d'hectares

QUE PROPOSE LE CENTRE CEBADAC DEPUIS BIENTÖT DEUX ANS  ET A CE JOUR?
Nous dénonçons les manières et le silence qui entoure cette pratique.  Nous proposons qu'une réglementation de cette forme d'exploitation et de commerce soit coulée dans une Convention internationale afin que la famine qui sévit dans des régions exploitées soit prise en compte.

NOS SUGGESTIONS

Primo, que toute exploitation d'une surface pour le tiers, ces derniers s'engagent par exemple à faire produire pour la région (et/ou l'état d'accueil), une étendue équivalente en faveur des populations locales;

Secundo, qu'une taxe payée sur les exportations produites dans les régions soient investie dans l'agro-industrie et élevage pour combattre la malnutrition ambiante dans la localité;

Tertio, que les statistiques et les intrants agricoles utilisés dans cette nouvelle aventure soient rendus publiques;
Quarto, que toute pratique des cultures des OGM ne soit pas encore autorisée avant que les pays développés n'aient fait preuve, eux-mêmes, de la maitrise de vulgarisation des cultures OGM;

Quinto, les durées d'exploitation et autres clauses des contrats qui lient ces nouveaux exploitants du continent africain aux états et/ou Entreprises concernés, soient rendus publics.

Le monde retiendra que la non assistance aux personnes en danger qui entoure cette nouvelle aventure humaine devrait mobiliser tous ces humanistes qui se disent choqués par la manière dont l'Afrique a été exploitée et qui réclament réparation. Ne sommes-nous pas aujourd'hui témoins d'une nouvelle forme d'exploitation éhontée de ce continent ?

LA FAO, L'OMC ET L'ORGANISATION DE L'UNITE AFRICAINE SONT LES ORGANISMES DE L'ONU LES PLUS INTERPELLES PAR CE PROBLEME.

Nous demandons à toute ONG, ASBL et tout homme responsable de nous rejoindre dans ces revendications légitimes en faveur de ces enfants africains, maigres, affamés et malades.
Voici ce qu’écrit un des spécialistes de la question monsieur Mark Rice-Oxley en octobre 2009 sur son blog dont voici le lien : (http://lerouetacoeurouvert.blogspot.com): La razzia des pays riches sur les terres arables
 L’Afrique de l’Est, dans la ligne de mire de l’Inde et des pays arabes.
         En Afrique et en Asie, plus de 30 millions d’hectares sont désormais contrôlés et cultivés par des intérêts étrangers. Une catastrophe pour les paysans locaux.

           Entrés dans une ère d’insécurité, les pays riches et leurs entreprises jouent actuellement des coudes pour acheter et louer des terres dans les régions fertiles des pays en développement et tout particulièrement en Afrique. Selon Olivier de Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, quelques 30 millions d’hectares de terres (soit l’équivalent de la superficie des Philippines) ont ainsi fait l’objet de négociations intensives au cours des trois dernières années.


            La Chine, la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite apparaissent comme les fers de lance de ce mouvement, convoitant des terres notamment en République démocratique du Congo, au Soudan et en Tanzanie, mais aussi dans des pays asiatiques comme le Cambodge et les Philippines. “Le mouvement s’accélère rapidement car tous les pays semblent réaliser subitement qu’à l’avenir les marchés internationaux seront moins fiables et moins stables. Ils cherchent donc à se prémunir soit en achetant des terres à l’étranger, soit en encourageant leurs investisseurs à le faire”, explique Olivier de Schutter. Jacques Diouf, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), voit dans ce phénomène un “pacte néocolonial”, et Duncan Green, porte-parole de l’ONG Oxfam, “une version privatisée de la course à l’Afrique”.


              Pour les pays riches dont l’agriculture est peu développée, l’idée est tout simplement de sous-traiter la production et de la rapatrier chez eux. Le phénomène concerne surtout le riz, le maïs, le soja, la canne à sucre et les lentilles.L’ampleur de certains accords a de quoi faire s’étrangler même les plus ardents colonialistes. Selon les données recueillies par l’International Food Policy Research Institute, une organisation américaine, l’Arabie Saoudite a déjà conclu toute une série de contrats. Et, en avril dernier, elle a approché la Tanzanie dans l’espoir de lui louer 500 000 hectares pour y cultiver du riz et du blé. Quant à la république du Congo, elle a proposé 10 millions d’hectares de terres agricoles aux agriculteurs sud-africains. Des sociétés agricoles indiennes, soutenues par leur gouvernement, prospectent dans une demi-douzaine de pays d’Afrique ; des sociétés d’investissement britanniques et américaines opèrent des tractations en Angola, au Mali, au Malawi, au Nigeria et au Soudan ; des entreprises chinoises négocient en république démocratique du Congo, en Tanzanie et en Zambie, tandis que la Corée du Sud a accaparé 690 000 hectares au Soudan. Ce pays est d’ailleurs une cible de choix : l’Egypte, la Jordanie, le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Qatar y sont tous en pourparlers.
Il faut impérativement protéger les droits des petits paysans.

             Au Kenya, un investissement qatarien est très décrié par les militants des droits fonciers. Mais c’est de Madagascar que sont venus les premiers avertissements, qui indiquent que ces accords ne sont probablement pas bénéfiques pour tout le monde. Le projet du conglomérat sud-coréen Daewoo de cultiver du maïs sur 1,3 million d’hectares a rencontré une hostilité si grande qu’il a contribué au renversement du président Ravalomanana [en mars dernier]. Son successeur, Andry Rajoelina, s’est empressé de dénoncer l’accord.

            Théoriquement, ces arrangements pourraient être gagnant-gagnant. Après tout, le nouveau propriétaire pourrait apporter capitaux et savoir-faire au pays en développement ; des emplois pourraient être créés dans des régions laissées pour compte ; les paysans pourraient avoir accès aux technologies modernes et améliorer leurs rendements. Mais les experts soulignent que ces contrats sont souvent opaques, rarement rendus publics et guère avantageux pour le pays vendeur. “Les rares accords que nous avons pu consulter sont préoccupants : longs de trois ou quatre pages au maximum, ils comportent très peu de précisions sur les obligations des investisseurs étrangers, déplore Olivier de Schutter. Les investissements dans les infrastructures, la gestion durable des ressources naturelles, toutes ces questions sont laissées au bon vouloir de l’investisseur. C’est très inquiétant.”


              Cette foire d’empoigne représente une grave menace pour des régions du monde en difficulté chronique. Les paysans locaux risquent d’être expulsés si leur gouvernement se laisse tenter par l’argent facile procuré par la vente ou la location de terres. Priver les habitants de leur accès à des terres fertiles pourrait aggraver encore le problème de la faim. Et la compétition s’intensifiera autour de la plus rare des ressources: l’eau.

             Olivier de Schutter propose un ensemble de principes et de mesures qui, s’il était respecté, pourrait rendre plus acceptable ce que l’on appelle parfois “l’accaparement des terres” ou “l’agriculture délocalisée”. Il faudrait notamment respecter les droits des agriculteurs à l’alimentation et au développement durable. Les accords devraient être négociés au niveau local et pas seulement national. Les contrats d’investissement devraient privilégier les besoins en développement des habitants, et une partie des récoltes devrait être vendue sur place.

           Cependant, estiment certains, ces garde-fous ne suffiront pas : la boîte de Pandore est ouverte. Pour Lester Brown, le président de l’Earth Policy Institute, même si l’investisseur débarque armé d’impressionnantes technologies dernier cri, cela n’apportera pas grand-chose au petit paysan. “Il s’agira pour l’essentiel de technologies destinées à l’exploitation agricole commerciale à grande échelle, très peu adaptées aux petites parcelles familiales qui existent dans la plupart des pays concernés, souligne-t-il. Je ne crois pas que ce modèle puisse vraiment déboucher sur un transfert de technologie. Chaque fois qu’un arpent est acquis dans un pays par des intérêts étrangers, c’est autant de terre en moins pour nourrir les habitants.”

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS
               Il ressort de ces analyses qu’encore une fois  l’Afrique noire va subir les effets néfastes des appétits démesurés de ces états émergeants et de quelques puissances occidentales. L’exode rural et l’immigration vers l’eldorado européen confirme que le petit paysan paie déjà un très lourd tribut de la sécheresse aux terres où il est confiné car les meilleures terres ne sont pas à sa portée.
                  Aussi, si aucune réglementation internationale  n’est mise en place, les dégâts collatéraux d’une agriculture intensive non contrôlée affectera certains sites sensibles et protégés ou classés et parfois même, patrimoines de l’humanité. L’invasion de la forêt équatoriale africaine (un de deux poumons de notre planète) pour cette fin,  devrait pousser les défenseurs de l’environnement à réagir avant qu’il ne soit trop tard!

 


AUTRES ARTICLES / Références bibliographiques
De Schutter O.,2009. « L'ONU veut contrôler la ruée vers les terres agricoles » cité par le Journ. Le Monde du  16.6.2009. L'ONU veut contrôler la ruée vers les terres agricoles

LE MONDE du 15.06.09 |18h04  • Mis à jour le 15.06.09| 18h04 Bxl..

Muzigwa K. J. 2007. MIGRATIONS MASSIVES DES JEUNES AFRICAINS SUBSAHARIENS VERS L’ELDORADO EUROPEEN : part de responsabilité des pays développés, CEBADAC magazine, n°.7,  série b.,  30pages.

Muzigwa, K. 1995a. AGRICULTURE ET DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE: Une analyse des origines , des contraintes et des conséquences d'une crise agricole. African Study Monographs. Vol. 16 (1). pp. 19 -33. June 1995.  

Muzigwa K. 2005. CULTURE ET COMMERCE DES OGM : UN CHOIX DIFFICILE POUR LES PAYS DU SUD : Quel avenir pour l’humanité face aux intérêts économiques des multinationales de l’agro-alimentaire ! International Magazine, NORTH-SOUTH, N°05, mai 2005. ; 12-18p.

Ngimbi Kalumvueziko, 2009 «CONGO-ZAIRE, LE DESTIN TRAGIQUE D’UNE NATION », Éditions de l’Harmattan, Paris 2009).

L'auteur

Prof. J.-Gr. Muzigwa KASHEMA
Senior Research Associate

Directeur du Centre
E-mail: kashjustin@yahoo.fr; eurocebadac94@gmail.com (website sur Google: http://www.eurocebadac94.com)
Tél: +3243441551; +32484591814

OGM ET AGRICULTURE DURABLE: Insécurité alimentaire en Afrique

 

OGM ET AGRICULTURE DURABLE: LES  PAYS DU SUD N’AURAIENT  BESOIN QUE  D’UN TYPE D’ORGANISMES VEGETAUX GENETIQUEMENT MODIFIES  ET DES LOIS INTERNATIONALES PLUS ADAPTEES

présenté  par

Muzigwa KASHEMA J.-Gr. (1)

Abstract

GMO AND SUSTAINABLE AGRICULTURE: SOUTHERN COUNTRIES DO  NEED SOME TYPE OF GENETICALY MODIFIED ORGANISMS WITH ADAPTED INTERNATIONAL LAWS FOR BETTER MANAGEMENT OF THEM

    Genetically modified organisms (GMO) in plant productions is a biotechnological breakthrough. However, since they are being commercialized for human consumption they arise too many problems instead of solutions. Two journalists of "Le Monde ", n°18169 du 27 juin 2003 (Hirsch et Huriet, 2003) reporting on the last euro-american summit held in may-june 2003, outlined that american multinational agroalimentary indutries are putting pressure on the american President G.W. Bush administration  to convice Brussels (E.U.: european union administration) to remove its moratorium with the intension to export, all over the world, their old stock of GMO excess  productions.
    European commissioner in charge of foreign Trade, Pascal Lamy had rejected any american opinion trying to argue in favor of the international trade of the  GMO plant products to solve the african famine. Furthermore, until now, no answer to health and environnmental  problems which they arised in both consummers and biotops  in contact with the genetically modified corns and several other plants. We do believe that multinational agroalimentary indutries  are progressivelly convicing our political leaders. As matter of fact , instead of  stading security for  consummers health and environment equilibrium, the discussion is focusing now on how the GMO plants could coexist with traditional plants. In any case, the consummer did not have been consulted. Should the occasion arise the farmer would decide to go for any one! Obviously, for consummers legitimacy and legality do not coincide.
    Some proves of the innocuous effects of GMO on the animal health and the environment are being reported recently. Protocole signed in Cartagena should be entirely respected  before removing the european moratorium on the GMO. To make it a matter of principle to label and to follow any treatment the crop may have been undergoing "traçability" could help to guarantee  the 0.5% rate of free penetration of GMO in some european countries. Living organisms' patentability could lead to expropriation of plant heritage to human being, pleading on multinational agroalimentary industries' behalf (i.e of MONSANTO, NOVARTIS, BAYER CropSciences and PIONEER etc.). Should we agree that people  has always been behinhand to make a rule of controlling some  social  observances.

Key words: GMO , Health and Environment
Subtitle: Which perspective for environment and human health for the GMO in consideration of  the economical and commercial interests of the multinational agroalimentary industries .

Résumé    
    Les Organismes génétiquement Modifiés (OGM) en productions végétales est un véritable "breakthrough"  biotechnologique. Néanmoins, ces organismes posent, depuis leur apparition sur le marché, plus de problèmes qu'ils n'apportent, pour l'instant des solutions au problème de la famine dans le monde. Deux journalistes du journal "Le monde" (Hirsch et Huriet, 2003) rapportent que le dernier sommet euro-américain, du mai-juin 2003, permet de constater que les groupes agroalimentaires américains font de plus en plus pression pour chercher à écouler des excédents accumulés avec les anciens programmes d'assistance alimentaire.
    Là où le bas blesse, comme le reconnaît, le Commissaire européen au commerce extérieur, Pascal Lamy, les Etat Unis ne devraient pas utiliser la famine en Afrique pour chercher à influencer l'opinion. Si dans le premier temps, les préoccupations des anti-OGM ont porté sur les considérations d'ordre sanitaire, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, les multinationales des agroalimentaires ont marqué quelques points car, loin d'exclure totalement les OGM, bon nombre d'Etats européens parlent plutôt de la difficile cohabitation entre l'extension de la culture des OGM et le maintien de cultures garanties, non transgéniques.
    En tout cas, à ce jour, pour la ligue de consommateurs, légalité et légitimité ne coïncident pas,. En effet,  personne ne peut prouver l'innocuité des OGM sur la santé, en ce moment ou leurs répercussions néfastes sur l'environnement sont établies. Le protocole de Carthagène doit être respecté dans son entièreté avant de penser à cette levée du moratoire car, personne ne peut garantir ce taux de pénétration autorisé jusqu'à 0,5% des OGM sans « traçabilité » ni étiquetage. La « brevetabilité » du vivant ne risque-t-elle pas de priver une partie de la population mondiale de son patrimoine végétal au profit des multinationales agroalimentaires telles que, MONSANTO, NOVARTIS, BAYER CropSciences et PIONEER etc. Il faut le reconnaître, la loi a toujours un train de retard sur les pratiques sociales, lequel vide juridique que certains opportunistes n'hésitent pas à exploiter.  

Mot clé: OGM , Santé et Environnement
Sous-titre: Quel avenir des OGM pour l'humanité face aux intérêts économiques des multinationales des agroalimentaires.

I- Contexte et motivation
    Pourquoi avons-nous voulu, vous associer à nos réflexions en ce moment précis?. Tout simplement parce que le problème est d'actualité. Tenez, pour preuve, je n'en voudrai qu'à trois raisons principales:
    Primo, la dernière déclaration du Président américain G.W. Bush selon laquelle:"LES CRAINTES NON FONDEES DE L'EUROPE A L' EGARD DES OGM ENTRETIENNENT LA FAMINE EN AFRIQUE"; cette déclaration que tout africain averti doit considérer comme tendancieuse et peu objective est même provocatrice pour l'Afrique accroupie dans sa misère car, on le sait , pour monsieur Georges W. Bush, l'Afrique est le cadet de ses soucis. Cette déclaration en faveur des MULTINATIONALES de l' AGRO-ALIMENTAIRE (MONSANTO; NOVARTIS, BAYER CropSciences et PIONEER) dont il a toujours défendu les intérêts (comme tout récemment en IRAK, en faveur des multinationales pétrolières américaines) accuse donc l'Europe de contrecarrer les efforts déployés pour enrayer la famine en Afrique en s'opposant aux aliments génétiquement modifiés.
    Ce discours du 21 mai 2003, du Président G.W.Bush, est une réaction, au refus d'aide alimentaire américaine (d'aliments transgéniques) des U.S.A. à quelques pays africains dont la Zambie et la Namibie etc.
    Secundo, en ce moment ou les députés européens se prononcent pour des règles strictes sur la contamination  par des OGM et leur étiquetage, d'où la nécessité d'un moratoire demandé par les Commissaires de l'U.E. si bien qu'ils qualifient le refus et la réaction américains, de porter cette affaire aux instances de l'OMC, de légalement injustifiés, d'économiquement infondés et politiquement inopportuns.

    Tertio, si d'une part,  le Sénat et le gouvernement français exigent que la recherche sur les OGM soit protégée et respectée, et d'autre part en apprenant que le National Trust britannique vient d'ordonner à ses 2000 agriculteurs (occupant près de 250.000 hectares)  à bail de ne pas cultiver de variétés génétiquement modifiées sur leurs terres; (rfr. Cordis focus  n° 221 de 19 mai 2003 pp. 20; et n° 222 du 3 juin 2003 pp. 17 et 19), en exigeant d'abord  l'application du principe de précaution, une plus grande transparence, un dialogue sincère et intense entre les acteurs, pourquoi l'Afrique, dont les Structures sanitaire et juridique sont les moins performants, pourrait-elle se lancer dans une aventure que les G8 redoutent encore? Il nous faut d'abord  des garanties, et quelques futures preuves scientifiques de l'"inoffensivité" des organismes végétaux GM aussi bien pour l'homme que l'Environnement.


Rappel :
    Pour mieux cerner le problème, nous pensons qu'un petit aperçu historique est nécessaire. Aussi, si besoin en est, quelques notions fondamentales de la biotechnologie pourraient  être brièvement abordées.
    Il faut reconnaître que les technosciences vont de plus en plus être utilisées dans les décennies à venir pour améliorer la situation aussi bien sanitaire qu'alimentaire dans le monde. Avant la généralisation  des pratiques de la biotechnologie, l'Agriculture mobilise encore 45% de la population mondiale(± 2.350.106 d'hommes sur 1.375 millions d'hectares des terres arables).


    Trois prétextes soutiendraient cette hypothèse d'application des technosciences en productions alimentaires, à savoir:
    1- L'ACCROISSEMENT RAPIDE  DE LA POPULATION MONDIALE (un peu plus de 6 milliards d'hommes sur notre planète terre);
    2- LA NON PERFORMANCE DE CERTAINES SOUCHES (GRAINES) FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES;
    3- LA REDUCTION DES SURFACES ARABLES DANS LE MONDE


    Pour mémoire, jusqu'en 1973, le fermier et/ou l'agriculteur pouvait recourir à deux techniques pour améliorer son rendement. Il s'agit des sélections massale et généalogique. Bien que ces pratiques soient encore d'application dans plusieurs pays, elles se sont révélées inadéquates et peu rentables à très grande échelle;
    Mais alors, pourquoi ces organismes génétiquement modifiés font si peur, aussi bien aux petits agriculteurs, aux consommateurs qu'à tout homme averti?
    L'idée au départ n'était pas mauvaise. En effet, deux disciplines incontournables et absolument essentielles pour la recherche fondamentale en biotechnologie se sont développées, il s'agit de la BIOLOGIE MOLECULAIRE et du GENIE GENETIQUE.
    Malheureusement, lorsque les multinationales s'y sont intéressées dans le but de réaliser un peu plus de profits, tout a basculé. De la réduction de la main d'oeuvre en agriculture au "brevetage" en passant par la confiscation du patrimoine végétal mondial, l'Etat se trouve incapable d'arrêter cette expropriation des pauvres ruraux au nom de la mondialisation.
    En effet, c'est depuis 1973 qu'il eût lieu les premiers essais de transfert de gènes étrangers sur une bactérie aux USA; en 1983, les chercheurs américains réussirent la première plante, le TABAC, génétiquement modifiée. En 1986, la Belgique fut le 1er pays européen à accepter un essai en champ d'autres plantes OGM. En 1996, mise sur le marché de la 1ère PGM: la tomate McGregor et il fut un échec commercial.
    Malgré cela, 30 ans après, l'opinion publique reste toujours méfiante quant à la généralisation de cultures GM et la consommation systématique  des aliments transgéniques;

Quelle est la situation à ce jour?
    Les techniques se sont améliorées. De nos jours, toute la prouesse tient à une simple bactérie. Nonobstant, pour introduire un gène dans une plante et pour qu'il modifie son ADN (matériel génétique, ou patrimoine héréditaire de tout organisme ou génome) sans perturber son métabolisme, les chercheurs ont longtemps buté sur des techniques mécaniques. Avant d'améliorer Agrobacterium ( bactérie qui infecte les plantes et règne désormais sur la trans-genèse).Tout se passe en 6 étapes:
1- Sélection du gène d'intérêt;
2- Fabrication d'un plasmide;
3- Multiplication et transfert;
4- Infection des cellules;
5- Nouvelle sélection;
6- Sélection finale
    Une fois cette plante (x) est dotée (ou diminuée) de quelques caractéristiques recherchées (ou  non désirées ) ses souches sont multipliées, le brevet est accordé à la multinationale qui a financé la recherche. Le circuit de distribution des semences à grande échelle est incontrolable par les Etats et encore moins par une Coopérative d'Agriculteurs ou de fermiers.

II- Problématique : RECRUDESCENCE DES CATASTROPHES NATURELLES, DIFFICULTES  DE  L’AGRICULTURE  DURABLE , OISIVETE ET FAMINE  DONT LES CONSEQUENCES SONT ENTRE AUTRE,  L’IMMIGRATION  MASSIVE DES JEUNES AFRICAINS SUBSAHARIENS VERS L’ELDORADO EUROPEEN : part de responsabilité des pays développés, plus particulièrement  l’Union européenne et les Etats-Unis

    L’immigration africaine vers l’éldorado européen et ailleurs, qualifiée de sauvage, est la conséquence normale et directe des changements climatiques (à cause des grands pollueurs), de la mondialisation, du refus de soutenir l’agriculture durable en Afrique subsaharienne, tout en imposant les prix aux autres matières premières de ces Etats là, et l’incapacité de l’homme politique occidental à contrôler la libre circulation des capitaux des multinationales (responsables du soutien aux rebellions et à l’instabilité des Gouvernements africains).
    Seule une politique internationale visant à financer les Centres ruraux du développement durable pourraient apporter une solution à l’invasion de l’Europe par les misérables des pays du sud en l’occurrence l’Afrique subsaharienne.    
D’abord, qu’est-ce que le développement durable ? A l’échelle internationale, eu égard aux différentes sonnettes d’alarmes tirées dans des Conventions internationales (rfr.  rapport Bruntland (publié en 1987), Ramsar II) et les Accords de Rio (du 3 au 14 juin 1992), on sait aujourd’hui que les ressources de la terre étant épuisables et qu’il faut par conséquent, un changement de mentalité, c’est-à-dire, une toute autre politique d’utilisation des ressources de la terre. C’est ce qu’ils se sont convenus d’appeler, LA LOGIQUE DU DEVELOPPEMENT DURABLE.

        C’est ainsi que par la suite, chaque secteur de production (industrie, transport et agriculture pour ne citer que ceux-là) est revisité et les spécialistes s’aperçoivent, très vite, que pour chacun de ces secteurs, la prise en compte de l’équilibre entre la production et l’environnement est indispensable. Les termes anglais sont plus significatifs dans leur étymologie « Carrying capacity , sustainable agriculture or sustainable developement »

            Ainsi donc, l’Agriculture durable:
                                                     C’est le fait que les acteurs politiques et économiques prennent conscience que tous les systèmes de production sont corrélés et que tout excès d’un dispositif d’exploitation affecte l’équilibre de l’environnement aussi bien écologique  qu’économico-stratégique. Puisque notre entretien ne concerne que l’Agriculture, voyons, plutôt comment se pose le problème dans les pays du sud par rapport à cette PREOCCUPATION ?

Au fait, il est de trois ordres :
Primo, on demande aux petits agriculteurs, fermiers, pêcheurs et chasseurs  africains de ne plus :
1-    pratiquer l’agriculture sur brûlis
2-    procéder par feu de brousse dans leur exploitation  agricole ;
3-    recourir à des  dans engrais prohibés
4-    faire usage de  pesticides interdits tel que le DDT
5-    chasser dans les parcs et zones protégés
Mais pour une agriculture peu soutenue c’est l’asphixie et la famine dans bon nombre de familles. D’où d’ailleurs l’exode rural et puis l’aventure de tout risquer pour l’eldorado européen.


Secundo, cette agriculture subit en même temps les alea de la conjoncture internationale telles que :
1-le réchauffement climatique ayant pour conséquences :
•    l’extension du désert
•    l’irrégularité des pluies
•    l’invasion des criquets
•    la sécheresse

2- l’absence des recherches appropriées pour l’adaptation des graines aux conditions environnementales (graines non renouvelées) ;
3- l’absence de routes de desserte agricole ;
4- le prix des matières premières fixées par l’occident et surtout en baisse ;
5- le prix en hausse du carburant ;
6- l’instabilité des gouvernements dans les pays du sud ;
7- les alliances commercialo-militaires dans plusieurs pays d’Afrique noire et les conflits télécommandés  incessants ;

Tertio, une attitude quelque peu irresponsable de certains pays du nord. Le monde paie déjà un très lourd tribut des conséquences des pollutions aussi bien dans les pays du Sud que ceux du Nord (33.000 personnes meurent chaque année par pollutions atmosphérique) .

             Entre temps on apprend qu’un grand nombre des pays du Nord souhaitent acheter le quota (droit de polluer plus) des pays du Sud. Franchement de qui se moque –t-on ? N’a-t-on pas dit que nous étions tous dans un même bateau ? La planète encaisse tout ça et nous les flanque à la figure sous forme d’Ouragans, des pluies acides, des sécheresses, des tempêtes peu importe ou cela arrive quelque soit le pays qui est responsables des rejets dans l’atmosphère. Il y a une sorte d’hypocrisie politico stratégique et commercialo-financière.

           Notre ancêtre du néolithique, plus précisément au Proche Orient, en devenant sédentaire, il initie les premières formes de l’agriculture (vers 9.000 ans avant J. Christ (Cauvin, 1996) et ouvre en même temps  pour l’humanité toute entière ce qui allait devenir, le plus grand facteur économique du développement.
L’IMPOSITION DES OGM NE REPONDANT NI AU SOUCI DE L’AGRICULTURE DURABLE, ET ENCORE MOINS AUX PREOCCUPATIONS DE LA FAMINE NI DU DEVELOPPEMENT DURABLE EN GENERAL (Pour plus d’informations, rfr. l’article publié à cet effet!)
            La culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés nous impose à la fois sept enjeux majeurs qu’il faut concilier et maîtriser, à savoir : économique, environnemental, scientifique, sanitaire, politique et juridique et éthique. Nous n’en discuterons que 5 tout en faisant allusion aux deux autres.
Aujourd’hui la pollution tue un peu plus de 31.000 personnes par an soit une moyenne de 6% du nombre total des décès par an dans le monde! Aussi bien dans l’air que dans nos assiettes, l’hommes est continuellement exposé aux  intoxications de différentes natures.
 
             Le 8 octobre 2005, l’ONU par le truchement de son Organisme spécialisé dans le domaine de l’Alimentation dans le monde a reconnu que malgré l’accroissement d’aide vers le tiers monde, plus de 800 millions d’humains ne mangent pas à leur faim et près de 300 millions souffrent de malnutrition et dont plus de 40% vivent en Afrique noire.

Un constat amère!
Aujourd’hui on se rend compte que le mobile qui a poussé les pays développés à financer froidement cette forme d’Agriculture en Afrique tient plutôt à leurs propres intérêts qu’à ceux des africains. De leurs intérêts on peut citer :
1-La protection de la biodiversité des espèces en danger, vulnérables et rares,  
2-la sauvegarde de la diversité des zones protégées, des réserves de la biosphère, des zones humides internationales et du réseau mondial d’aires protégées ;
            Il est vrai que sans un changement d’attitude et de notre mode de vie en général tout ceci est appelé à disparaître! L’idée d’une agriculture durable non subventionnée  est aussi suicidaire pour l’Afrique qu’est le développement durable pour l’économie américaine en ce moment ou les Etats-Unis refusent de ratifier les accords de Rio !

Suggestions
Les puissances occidentales et l’ONU y compris n’ont pas cherché à trouver des solutions durables à la problématique d’immigration sauvage, comme certains leaders européens n’hésitent plus à la qualifier. Nonobstant, elle pose un double cas de conscience à l’homme européen en général, et interpelle l’humanité toute entière face à l’hécatombe que nous créons autour de nous et du monde en général. D’abord deux constats auraient dus être relevés, à savoir :

Primo, cette catégorie d’africains arrivés jusque-là, ce sont des hommes et des femmes courageuses, démunis de toute arme ni mauvaise intention de nuire à l’européen et qu’ils ont osé braver toutes les intempéries et risquer leur vie pour mettre la force de leur jeunesse au service de l’homme qui lui a appris la charité, l’esprit de partage et la démocratie;

Secundo, c’est pratiquement le beurre de tout un continent qui prend le risque afin de faire survivre ceux qui sont restés et les engagements qu’ils prennent sont parfois lourds des conséquences pour ceux qui les laissent partir. C’est donc un acte suicidaire de les renvoyer tel que ç’a été fait et tant pis pour ce qui leur arrive dans le désert ! 

 
           Un des axes à exploiter pour répondre au double cas de conscience que pose ce phénomène, c’est la volonté de partager et de faire participer à l’humanité toute entière aux acquis du boum technologique et commercial . Il faut aider ces gens à se sentir mieux chez eux. En d’autres termes, il faut leur donner ou les aider à créer sur place ce qu’ils suivent en Europe.

           Certains projets de développement rural qui ont réussi dans les pays du Sud peuvent être sud comme exemple. Nous pouvons suggérer, les Centres pilotes ou de développement agro-pastoraux dotés des camps des travailleurs et des infrastructures modernes dans des milieux ruraux les plus reculés des Capitales africaines. Ces centres peuvent être aussi agro-industriels ou techniques mais fortement soutenus par des pays riches et les institutions financières et organismes  internationaux. Le barème salarial répond aussi à la volonté de cette jeunesse qui n’ignore plus les réalités sous d’autres cieux.

           Si l’on continue à traiter cette question, sans chercher les vraies causes de l’immigration, on peut parler de ce deuxième cas de conscience qui se pose pour l’européen et l’homme occidental (dit des pays développés), pour  non assistance aux personnes en danger. Et puisque ces conditions de vie misérable sont entre autre provoquées et soutenues par l’environnement international qu’a créé et défend  l’homme occidental, les pays africains pourraient se pourvoir en justice contre le monde développé.

           Au fait, les problèmes qu'engendrent les Organismes végétaux G.M. sont de plusieurs  natures. Nous en évoquerons les 5 plus importants.


I- Sur le plan moral et éthique
    L'Eglise catholique romaine estime que c'est une atteinte à l'ordre divin de modifier le patrimoine génétique d'un organisme vivant car,il s'agit d'une création divine; aussi, en application du principe de précaution (comme ça se passe avec les nouveaux produits pharmaceutiques), il aurait fallu un peu de recul pour évaluer les risques encourus par tout  autre être vivant qui serait mis en contact (ou appeler à manger) ces O.G. modifiés.

II- Sur le plan juridique et sanitaire
    La façon dont les plantes se pollinisent nécessitent une nouvelle législation en matière. En effet, l'intervention du vent et des insectes dans la pollinisation de quelques végétaux ne rassurent pas certains agriculteurs qui souhaitent coexister avec ceux qui acceptent les OGM.
    Les populations ayant consommé le soya et le noix du Brésil transgéniques ont développé des allergies. Aussi, faute de recul suffisant, les hypothèses abondent quant aux possibilités à l'homme (consommateur des OGM) de développer une résistance aux antibiotiques, aux  herbicides et autres pesticides.


III- Sur le plan environnemental et conservation de la nature
     Ne perdons pas de vue que l'objectif poursuivi par les multinationales est de maximaliser leur bénéfice (Muzigwa et al, 2001). Il faut se passer de cette main d'oeuvre coûteuse qui vient désherber et pulvériser des milliers d'hectares. Le déversement d'herbicides (75% des cultures tolérantes aux herbicides) et d'insecticides par des petits porteurs se généralise.
    Les sols qui encaissent tous ces épandages deviennent du même coup pollués et peu productifs. Le ruissellement des eaux provenant de ces champs tuent en aval certains micro-organismes aquatiques, les oeufs et les larves des poissons (Muzigwa, 1994b.). Il y a dans la région toute une modification de texture du sol et dont les conséquences sont imprévisibles (SCIENCES & VIE, n° 1029, juin 2003, pp. 108-123).
    Il faut reconnaitre qu'à beaucoup d'égards, l'environnement continue à se dégrader, et les indices recueillis nous amènent à conclure que les hommes sont de plus en plus vulnérables aux mutations de l'environnement. Certains pays peuvent faire face à cette évolution, mais beaucoup d'autres sont encore en danger, et quand ce danger devient une réalité immédiate, les perspectives de développement durable se trouvent retardées de plusieurs décennies (Klaus Topper, Dir. Exécutif du P.N.U. pour l'Environnement).
    Le développement durable offre une possibilité exceptionnelle pour l'humanité: sur le plan économique, de créer des marchés et des emplois;  sur le plan social, de lutter contre l'exclusion; sur le plan politique, de réduire les tensions sur les ressources, qui risquent de conduire à des violences; et bien entendu, sur le plan de l'environnement, de protéger les écosystèmes et les ressources dont la vie dépend (Kofi Annan, Sec. Gén. de l'ONU).

IV- Sur le plan de droit de propriété
    Le brevet donne droit de contrôle et prive à d'autres la liberté d'exploiter certaines essences végétales dans l'avenir. MONSANTO et NOVARTIS sont propriétaires des céréales et autres végétaux qu'elles ont génétiquement modifié. Dès lors, quand on sait qu'à long terme, des champs côte à côte dont certains sont des OGM, l'hypothèse d'une généralisation future de certains céréales GM n'est plus exclue. Le fermier ou l'agriculteur ne contrôle pas le processus de pollinisation de ses champs! Bref, tout Etat responsable doit craindre cette privation et l'exclusion de ses petits fermiers et/ou agriculteurs du marché international. Enfin, le RoundUp perturberait la symbiose entre la plante et les bactéries du sol, fixatrices d'azote, nécessaire pour la croissance végétale.

V- Sur le plan de rentabilité
    La rentabilité de la filière fait désormais débat. Des voix se lèvent pour dénoncer une augmentation des quantités d'herbicide jusqu'à 30% de Round Up supplémentaire. Les planteurs (canadiens) de Colza génétiquement modifié ont dû accroître jusqu'à 17% en moyenne leur nombre de passages d'herbicide par rapport aux cultivateurs traditionnels.

Conclusions
    Quatre pays fournissent aujourd'hui à eux seuls 99% du marché: USA (66%), Argentine (23%), Canada (6%) et la Chine (4%). Le 1% serait détenu par le Japon, la Thaïlande et l'Afrique du Sud. Si l'Europe lève son moratoire d'autres pays pourraient s'y mettre. Même si l'Argentine et la Chine se sont lancés avec enthousiasme dans l'aventure des OGM, le géant asiatique semble aujourd'hui redouter l'avenir commercial de cette filière (SCIENCES & VIE , n° 1029, juin 2003, pp. 108-123).
    L'avenir des OGM n'est pas joué. Des pays comme le Brésil et la Zambie les refusent obstinément. L'Inde, New Delhi reste prudente à l'égard des OGM.
    La mesure américaine de déposer plainte auprès des instances de l'OMC ne peut que compliquer davantage encore un débat déjà complexe en Europe, a averti Margot Wallström, Commissaire européen en charge de l'Environnement (Communiqué de Presse IP/03/681 de l'union européenne)
    Logiquement, toute pratique d'exploitation (ou de production)  qui n'obéirait pas aux exigences de l'équilibre de la nature pose quelques questions, à savoir :
    Faudra-t-il aussi des corps humains aux codes génétiques modifiés (à la manière des OGM « Organismes Génétiquement Modifiés ») pour nous adapter à notre nouvel environnement alimentaire? Mais aussi, que pourrait faire l’humanité de ses mutants issus de ces manipulations génétiques (Muzigwa et al, 2001) ?
    Les technosciences (biotechnologies et autres) continuent leur aventure entreprise au lendemain de l’essor de la biologie moléculaire et du génie génétique vers les années 60. Elles n’ont cessé d’étonner et de surprendre ceux de nos congénères garants de l’éthique scientifique et de la déontologie professionnelle! Dix savants de réputation internationale interviewés par le mensuel « LE VIF EXPRESS 13ème année n°40; L’Express n°2309 » du 6 au 12 octobre 1995 sont unanimes que parmi les domaines qui nous réservent bien des surprises figurent les sciences du vivant.    
    L’enjeu étant de taille aussi bien économique que géopolitique l’on se demande comment l’homme pourrait encore récupérer le rapport de force et d’intérêts qu’il eût un moment de son histoire lorsque la science fut  au service de l’homme et non la science au service de l’économie ou du néolibéralisme sauvage comme nous le vivons maintenant!  
    Le pouvoir des industries agrochimiques, agroalimentaires et du génie génétique suscite des débats dans les milieux aussi bien politiques que d’éthique scientifique en ce début du XXIème siècle (Muzigwa et al., 2001).     La course effrénée au rendement comme hypothèse à l’économie de marché nous entraine dans une spirale de création du nouveau vivant qu’il faut désormais faire avec. Des pluies acides à l’excès du PCB dans nos légumes (Muzigwa & Diemby, 1993),  nous sommes passés des plantes transgéniques à la dioxine, à la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine"ESB") et tout récemment à la brebis clonée, la fameuse Dolly, morte depuis peu, sans que l'opinion sache de quoi réellement!
    Bref, il y a de quoi se poser des questions sur la récupération des applications de la biotechnologie par les multinationales des agro-industries et des agroalimentaires. Face à la puissance de l'argent, la bioéthique fait piètre figure. La science s’est mise au service du rendement, de l’économie du marché, en un mot, du néolibéralisme.
    Dès lors, la question est elle seulement d’imposer une toute autre éthique scientifique ou replacer l’homme au centre de nos préoccupations? Toute personne avertie ressent comme rempart contre la déferlante néolibérale, la nécessité d’un contre-projet global, d’une contre idéologie, d’un édifice conceptuel pouvant être opposé au monde dominant actuel. Il devient indispensable de réintroduire du collectif porteur d’avenir. Et l’action collective passe désormais par l'Associatif autant que par les Partis ou les Syndicats. Au sein de l’Union européenne, plus particulièrement en Belgique, et en France la prolifération des associations qui font de l’homme leur centre d’intérêt ne tardera pas à devenir un lobby incontournable à la base! Néanmoins, certaines convictions politiques (des partis dits populaires) seraient responsables du dérapage que nous décrions car, leur vision du progrès est essentiellement fondée sur l’économie de marché. Aussi, si leur liberté de pensée et d’expression a pour condition nécessaire une certaine liberté économique, tout est alors permis!
    Notre monde ne serait-elle pas à la recherche des nouvelles références car, certaines des valeurs traditionnelles sont déjà remises en question! En tout cas, quoiqu'il en soit, la reconstruction du vivant crée une interface entre l'ordre du vivant et l'ordre humain. Certains évènements résultant des technosciences et des biotechnologies engendrent des effets sociaux bouleversant qu'il faudra savoir accompagner.

Références bibliographiques
1- Tardieu , V. & étudiants en  journalisme scientifique de Montpellier, 2003. "Les O.G.M. ont le moral bas". SCIENCES & VIE , n° 1029, juin 2003, pp. 108-123.

2- Cordis focus n° 221 de 19 mai 2003 p 20; n° 222 du 3 juin 2003 p.17 et 19).

3- Hirsch , M. et Huriet, Cl., 2003.  Journal "Le monde" n°18169 du 27 juin 2003

4-MUZIGWA, K. 1994b. LES ENJEUX DE L' ECODEVELOPPEMENT. Quel Avenir pour la Biodiversité du Zaïre ! P.U.L. 362p.

5- MUZIGWA, K. ET DIEMBY, L. 1993 - Rôle des facteurs géophysiques, climatiques, environnementaux et physico-chimiques dans le processus de reproduction des poissons téléostéens des zones tempérées et tropicales. Afr.  Hydrobiol. and Aquac.  Rev. an., Vol. 24 (1) 106 - 169. Mai, 1993.

6- MUZIGWA, K., DIEMBY M.V.,  MAKOSO NY. BACIZA M. ET SHIGETA F.K. 2004. UNE INTRODUCTION A LA DYNAMIQUE DES SYSTEMES ECO-BIOLOGIQUES):"Comprendre, évaluer, réhabiliter et modéliser la gestion des habitats et des espèces aux seuils critiques". 256p. Editions du CEBADAC.

7- Muzigwa K.J., Diemby, L.M.V., Kalombo K. D. et Makunza K. E., 2006. Effets des changements climatiques et de la pollution sur la productivité du fleuve Congo, au Pool Malebo et leur incidence sur la santé des hommes par la consommation de l’eau et du poisson (Etude de la biologie de deux espèces du poisson mboto, Distichodus spp., comme bio-indicatrices, prélevées aux sites de Maluku, de Kinkole et de Kinsuka). Intern. Magazine : Changements climatiques et pollutions aquatiques : PRODUCTIVITE DU FLEUVE ET SANTE PUBLIQUE, Vol.1.(32) :126-199, Déc.. 2006.

8- Communiqué de Presse IP/03/681 de l'union européenne.

Ci-joint différents sites qui regorgent d'informations sur le sujet
http://www.infogm.org/
http://www.foeeurope.org/GMOs/gmofree/
http://www.natpro.be/comg.htm

(1) L’auteur :  
Muzigwa KASHEMA J.-Gr.(*)
Senior Research Associate,
Directeur du Centre CEBADAC (Professor);
Rue Victor Carpentier, 4
4020 Liège (Belgique)

(*)Member of the american society for science, Chartered biologist (Cbiol.) depuis 1983; member of the british Institute of Biology.
Tél: 0032(4)3441551; 0032 484/591814 ; E-mail: kashjustin@yahoo.fr